Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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31 mars, 2017

La réflexion du jour

Pour vendre ses idées, la droite parle au cerveau. La gauche parle au cœur. La droite peut trouver les meilleurs arguments du monde, mais la gauche a de bonnes intentions, et c’est tout ce qui semble compter. Elle veut aider les pauvres. La droite connaît peut-être un meilleur moyen de les aider, ces pauvres, mais on se méfie de ses intentions (c’est sûrement pour enrichir les riches!) Les méthodes de la gauche ne fonctionnent pas? Pas grave! Elle a de bonnes intentions…--- David Descôteaux

30 mars, 2017

La réflexion du jour

Quiconque fait confiance à l'intelligence de nos créateurs agricoles conviendra qu'après 45 ans, le moment est venu pour le ministre de les affranchir du joug de l'UPA et de leur permettre de choisir librement le regroupement de producteurs auquel ils veulent adhérer pour représenter leurs intérêts.--- Adrien Pouliot

29 mars, 2017

Une autre histoire de la pensée économique (1) : de Démocrite à Bastiat

Cette série de 3 articles propose de revisiter les grands auteurs du passé, et de débusquer chez eux des conceptions différentes de la discipline économique. Première partie : de Démocrite à Bastiat.


pensée économique
L’histoire de la pensée économique n’est pratiquement plus enseignée. Les économistes contemporains ont emprunté à leurs collègues des autres disciplines une vision linéaire selon laquelle chaque étape confirme et intègre certaines idées des auteurs précédents, en réfute définitivement d’autres, et apporte des éléments nouveaux qui font progresser la connaissance. Étudier l’histoire de la discipline n’aurait donc d’intérêt que pour les historiens : les théories valides seraient tout entières contenues dans les textes les plus récents.
Mais un nombre croissant d’économistes se rendent à l’idée populaire que la théorie économique contemporaine est tellement déconnectée du réel qu’elle se trouve dans une impasse dont on ne pourra sortir que par une reconstruction totale. Mais s’il suffisait de renouer avec une tradition plus ou moins oubliée ?
Ces trois articles proposent de revisiter les grands auteurs du passé, et de débusquer chez eux des conceptions différentes de la discipline économique, de son objet, de ses buts et des méthodes appropriées, qui sont beaucoup plus fondamentales que les différences doctrinales ou politiques généralement mises en avant. Cela conduit à porter un jugement critique sur la pratique contemporaine de la discipline et à hasarder une position hérétique sur son évolution future.

De Démocrite à Bastiat

Contrairement à l’imagerie courante, la réflexion économique n’a pas commencé avec Adam Smith. Dès l’antiquité grecque, plusieurs auteurs, au premier rang desquels Démocrite et Aristote, ont abordé des questions économiques. Pendant tout le Moyen Âge, des religieux et des philosophes ont écrit sur le « juste prix » des choses, la « bonne » attitude envers la richesse et la monnaie ou la légitimité du prêt à intérêt1. Mais leurs préoccupations étaient principalement morales, et leur traitement des questions économiques apparaissait comme des fragments d’un discours philosophique.
Au XVIe siècle, les Scolastiques de l’École de Salamanque2 entreprennent d’appliquer à l’économie les principes de la loi naturelle hérités d’Aristote. Ils justifient ainsi la liberté de circulation des personnes, des biens et des idées, et légitiment la propriété privée et le prêt à intérêt. Leurs travaux comprennent une théorie de la valeur (subjective) et une théorie de la monnaie qui font d’eux les véritables fondateurs de la science économique.
Plusieurs idées nouvelles commencent alors à cheminer : la première, que la richesse d’un pays ne se résume pas à celle du Prince, mais est constituée par le bien-être des habitants ; la deuxième, déjà exprimée par Platon, que cette richesse est due principalement à la division du travail et à sa contrepartie les échanges, c’est-à-dire à l’organisation économique ; pour comprendre ce système, il faut donc étudier avant tout les interactions entre les individus, une position qu’on appellera plus tard l’individualisme méthodologique ; enfin, en économie tout se tient : on ne peut pas comprendre un phénomène en l’examinant isolément.

La naissance des grands traités d’économie

Naissent alors, dès le début du XVIIe siècle, plusieurs grands traités d’économie, dorénavant considérée comme une discipline autonome, et qui veulent traiter ensemble toutes les questions d’économie, considérées comme formant système : le Traité d’économie politique d’Antoine de Montchrestien (1615), et presque un siècle plus tard Boisguilbert (Le détail de la France, 1695). Mais la véritable floraison a lieu dans la deuxième moitié du XVIIIe, avec successivement Cantillon (Essai sur la nature du commerce en général, 1755), Quesnay (Tableau économique, 1758), Turgot (Réflections sur la formation et la distribution des richesses, 1766), bien entendu Smith et son « Inquiry into the nature and the causes of the wealth of nations » de 1776, mais aussi la même année Condillac (Le commerce et le gouvernement considérés relativement l’un à l’autre).
Ces derniers auteurs rompent avec les Mercantilistes du XVIIe siècle comme Montchrestien ou Boisguilbert, qui se posaient en conseillers du Prince et s’intéressaient principalement au commerce international, à la monnaie et à l’impôt. L’économie devient une discipline autonome qui vise à expliquer la réalité, non à juger ou à prescrire. Elle cherche à dire quelles causes produisent quels effets, en posant l’hypothèse héritée d’Aristote et des Scolastiques que ce système obéit à des lois générales et universelles, que le rôle des économistes est de découvrir et de faire connaître.

Pensée économique : les classiques anglais et les classiques français

Contrairement à la légende, Adam Smith n’apporte rien de bien original par rapport à ses prédécesseurs, dont il reprend largement les idées. Il fait même figure d’intrus parmi ces pionniers tous Français, y compris l’irlandais Cantillon qui fit toute sa carrière de banquier en France. Pourquoi, même chez les Français réputés chauvins, la postérité fera-t-elle de Smith le père fondateur de l’économie plutôt que Cantillon ou Turgot, voire les Scolastiques espagnols ? Mystère.
Smith répand même quelques erreurs, qui seront heureusement corrigées par son admirateur et propagandiste Jean-Baptiste Say. Dans la tradition de Locke, il pose que la valeur des choses est déterminée par le travail humain qui a servi à les produire, et peut donc être établie de façon objective. Cette position, bien dans l’esprit protestant pour qui le travail est la valeur suprême, sera développée par Ricardo et deviendra plus tard le fondement du marxisme, avant d’être définitivement abandonnée par les marginalistes. Cette conception le conduit notamment à refuser toute valeur aux services, et donc à les exclure du champ de la réflexion économique.
Les classiques français, au contraire, restent fidèles à la conception subjective héritée des Grecs et confirmée par Thomas d’Aquin qui écrivait vers 1270 « le prix des choses n’est pas fixé selon leur nature, mais selon leur utilité pour l’homme »3. Pour eux comme pour leurs précurseurs de L’École de Salamanque, la valeur n’existe que dans l’esprit des hommes, et n’est autre que l’évaluation subjective du plaisir ou de l’utilité que chacun pense pouvoir en tirer. En cela, ils rompent avec les Physiocrates qui, avec leur chef de file Quesnay, pensaient que la terre est l’origine de la valeur de toute chose4.
Cette différence entre les classiques anglais et les classiques français n’est pas anodine au plan épistémologique, qui est celui de cet article. Si on postule que les choses ont une valeur intrinsèque indépendante des jugements humains, les économistes et les philosophes peuvent penser qu’une de leurs tâches est de découvrir cette « vraie » valeur, voire de proposer les dispositions sociales qui feront émerger les « justes » prix : l’économie tend à devenir normative. Dans le cas contraire, la seule tâche de l’économiste est d’expliquer comment se forment les prix à partir des innombrables jugements de valeur subjectifs, qui relèvent, eux, de la psychologie : l’économie est une science purement descriptive.
De même, si la valeur est objective, elle peut être considérée comme une grandeur mesurable et donc sommable sur une population d’individus. La notion de valeur pour une collectivité prend alors une signification précise mathématiquement calculable, et il devient possible de parler d’optimum et de rechercher les dispositions sociales qui maximisent cette valeur collective. Si au contraire la valeur n’est que l’intensité d’un désir, elle n’est ni mesurable, ni comparable entre individus, ni sommable sur une population, et la notion d’optimum collectif n’a pas de sens.
Au total, la conception smithienne d’une valeur objective, qui sera celle des classiques anglais et jusqu’à Marx, légitime a priori l’interventionnisme étatique, même si Smith est considéré (à tort) comme le fondateur du libéralisme économique, honneur qui conviendrait mieux à Turgot, ou plus exactement à son mentor Vincent de Gournay. Au contraire, la conception scolastique et française de la valeur subjective invite à soutenir une idéologie libérale.
Certes, les classiques français et anglais sont d’accord sur de très nombreux points. Mais quand ils diffèrent, et au premier chef sur cette question de la valeur, ce sont les Français qui sont à la fois fidèles à la tradition multiséculaire et cohérents avec les futures idées néoclassiques, alors que Smith inaugure une tradition parallèle qui s’éteindra pratiquement un siècle plus tard avec l’arrivée du marginalisme. Même l’anglais parmi les fondateurs du marginalisme, William Stanley Jevons, critiquera sévèrement Mill et Ricardo pour conclure : « Our English economists have been living in a fool’s paradise. The truth is with the French school, and the sooner we recognize the fact, the better it will be for all the world. »5 S’il faut choisir une grande référence parmi les classiques, c’est Jean-Baptiste Say, comme le pensait Thomas Jefferson, qui fit du Traité de Say, plutôt que de celui de Smith, le manuel de plusieurs générations d’étudiants américains.
Bref, on ne peut pas voir le début de l’histoire de la pensée économique comme une génération spontanée due au génie d’Adam Smith, ni résumer l’école classique à sa branche anglaise, ni voir en Say un auteur secondaire un peu déviant, comme c’est paradoxalement la mode en France. C’est en réalité une lente maturation pluriséculaire où s’inscrivent parfaitement Turgot et Say, puis au XIXe siècle les économistes libéraux français dont Frédéric Bastiat, et d’où s’écartent temporairement quelques branches secondaires comme les Mercantilistes du XVIIe siècle, puis Smith et les classiques anglais au XVIIIe.
Les articles suivants traiteront successivement de la « révolution marginaliste » des années 1870, qui a préludé à une nouvelle conception de la discipline en la définissant par l’utilisation des modèles mathématiques, puis de la « révolution keynésienne » qui a donné la primauté à l’étude des agrégats nationaux et donc au rôle de « conseiller » du Prince, avant de proposer de sortir de la crise actuelle en revenant à la grande tradition qui court d’Aristote à l’école dite « autrichienne ».
  1. Parmi les plus grands : Thomas d’Aquin et Oresme. ↩
  2. Quelques noms : Francisco de Vitoria, Tomas de Mercado, Domingo de Soto, Diego Covarrubias, Martin d’Azpilcueta, Luis de Molina. ↩
  3. Pretium rerum venalium non consideratur secundum gradum naturae, … sed consideratur secundum quod res in usum hominis veniunt. (Summa theologica) ↩
  4. Ce qui est assez compréhensible dans une société essentiellement agricole ! ↩
  5. « Nos économistes anglais ont vécu au pays des rêves. La vérité est avec l’école française, et plus vite nous le reconnaîtrons, mieux cela sera » – préface de la deuxième édition de The theory of political economy (1879). ↩

La réflexion du jour

Depuis l’arrivée au pouvoir de Philippe Couillard, en avril 2014, le gouvernement du Québec vient chercher dans nos poches beaucoup plus de taxes, d’impôts et de revenus de droits, de permis, etc. Combien? Par rapport au dernier exercice financier du gouvernement péquiste de Pauline Marois, soit celui de 2013-2014, le gouvernement Couillard va percevoir au cours de l’exercice 2016-2017 quelque 8,3 milliards de plus en recettes fiscales et administratives tirées des poches des contribuables.--- Michel Girard

28 mars, 2017

La réflexion du jour

Mais réalisons une chose: de plus en plus de gens s’efforcent de vivre aux dépens de ceux qui payent. Le gouvernement, lui, semble s’occuper d’abord du bonheur et du maintien des privilèges de ceux avec qui il fait affaire. Ensuite, s’il reste un peu d’argent, on donne des services aux citoyens.--- David Descôteaux

27 mars, 2017

La réflexion du jour

Les syndicats ne sont plus au diapason de la société. C’est frappant dans le cas du cours d’économie financière: l’opposition syndicale ne trouve à peu près aucun écho dans la société. Leur intervention s’entend comme une désagréable fausse note dans un assez large consensus.--- Mario Dumont

25 mars, 2017

La réflexion du jour

Petit rappel : la protectrice du citoyen, Raymonde St-Germain, rappelait, dans un rapport publié l’an dernier, que la bureaucratie n’avait pratiquement pas souffert des dernières « coupes ». Et que le défi le plus important était d’« intensifier les efforts pour réduire la bureaucratie plutôt que les services ».--- Germain Belzile

24 mars, 2017

La réflexion du jour

Peu à peu s’est donc installée (ndlr dans le système de santé) une inertie paralysante, un manque manifeste d’esprit d’initiative et aussi une fonction publique de plus en plus boursouflée et dont les cadres supérieurs, souvent imbus d’eux-mêmes, se sont assujettis à l’autorité ministérielle.--- Pierre Audet-Lapointe, Ex-chef du départment d'obstétrique-gynécologique de l'hôpital Notre-Dame de Montréal

23 mars, 2017

La réflexion du jour

Selon les plus récentes données compilées par Statistique Canada et l’Institut de la statistique du Québec, on disposait en 2015 au Québec d’un revenu disponible de 26 857 $ par tête de Québécois. C’est 5791 $ de moins que le revenu disponible par habitant (32 648 $) dans le reste du Canada.--- Michel Girard

22 mars, 2017

Comment augmenter le chômage ?


augmenter le chômage
En quelques pages, Bruno  Jarrosson1 nous livre avec un humour décapant une analyse infaillible sur ce qu’il faut appeler avec lui l’organisation scientifique du chômage, politique menée depuis quarante ans par tous les gouvernements successifs, et qui a donné des résultats si bons qu’ils sont quasi inespérés : la hausse bienheureuse et continue du chômage.
Les chiffres sont parlants. 1974 : 200 000 demandeurs d’emploi. 2016 : 3 550 000 chômeurs. Comment expliquer une telle réussite, si ce n’est en posant l’hypothèse que la France a tout fait pour augmenter le chômage et que ça a marché. Cela tombe bien car, comme ce livre le démontre, la France est en excellente voie pour faire encore beaucoup mieux !
Et pour une fois qu’une politique menée avec résolution atteint les buts qu’elle se donne, il convient de l’encourager, de l’étendre, voire même de donner des leçons aux autres pays. Notez que sur ce dernier aspect, les Français ne sont jamais en reste et excellent, depuis la nuit des temps, dans le fait de donner des leçons à la terre entière.
Les propos suivants s’appuient bien entendu sur l’ouvrage qui vient de paraître, mais aussi sur cet excellent article de 2013.

Augmenter le chômage grâce à une Organisation scientifique

La politique de promotion du chômage est, en France, basée sur l’OSC. L’organisation scientifique du chômage. De quoi s’agit-il ? L’OSC consiste à décourager par tous les moyens légaux le contrat de travail. Si le marché du travail fait de la résistance, une armée de fonctionnaires déterminés va le mettre au pas. Les techniques utilisées depuis quarante ans se sont révélées si efficaces qu’on n’en a pas varié. En voici quelques-unes.
  • Le coup de pouce
Il s’agit d’augmenter le salaire minimum plus vite que l’inflation. Ce qui a été fait puisque le pouvoir d’achat du SMIC a bien plus que doublé en trente ans. À chaque coup de pouce, des dizaines de milliers de personnes se trouvent exclues du marché du travail. La méthode est d’autant plus imparable qu’elle consiste à abaisser le niveau de vie au nom de l’augmentation du niveau de vie. On est pile-poil dans la novlangue façon Huxley.
On comprend que les gouvernement aient usé et abusé d’une si merveilleuse méthode pour augmenter le chômage. Mais naturellement, celle-ci, qui ne touche que les plus bas salaires, se révèle vite insuffisante.
  • Le lestage des charges sociales
L’idée est simple, il suffisait d’y penser : faire financer la protection sociale par le travail plutôt que par la consommation (la TVA) ou le capital productif (la TVA sociale). Les biens sont produits par la combinaison du travail et du capital puis ils sont consommés. On peut donc prélever le financement de la protection sociale sur le travail, sur le capital ou sur la consommation.
Fort heureusement, c’est le premier choix qui a été fait. Il s’agit de punir le travail pour l’exclure de l’économie. Dans ce domaine-là, la France a été plus loin que la plupart des autres pays européens et en a recueilli les magnifiques résultats.
Par exemple, en cas de forte croissance, le chômage baisse toujours moins en France qu’ailleurs. Bien entendu, cela ne tient que si on a une administration qui sait effectivement et efficacement lutter contre le travail au noir. Les Italiens, par exemple, n’ont jamais pu résoudre ce problème. L’administration italienne devrait venir prendre des leçons de l’administration française sur l’organisation scientifique du chômage.
  • Le financement des retraites.
Même principe que pour les charges sociales : depuis trente ans on n’a cessé d’augmenter les cotisations employeurs et salariés.
  • L’encouragement de l’oisiveté.
Décourager le travail ne suffit pas. Encore faut-il encourager l’oisiveté. Il est donc fondamental de redistribuer à ceux qui ne travaillent pas l’argent que l’on a prélevé sur ceux qui s’obstinent à travailler. C’est ce qui a été fait.
  • Faire peur aux employeurs.
Il suffisait en effet d’y penser, s’il n’y a plus d’employeur, il n’y aura plus de salarié. Il suffit de judiciariser le contrat, et cela exclusivement contre l’employeur. Dans ce domaine, la créativité a été sans borne : indemnités de licenciement, re-qualification de l’intérim en CDI, réduction de la durée légale du travail (c’est en France qu’elle est la plus faible au monde, youhou), contrôles URSAFF fréquents et incompréhensibles, sans parler de l’Inspection du travail et de son sacro-saint Code.
Il s’agit de bien faire comprendre à celui qui embauche qu’il devient automatiquement la cible privilégiée – et solvable – de l’administration, voire de la justice. Si dans le même temps on peut mettre en examen un patron connu et faire mousser l’affaire dans les médias, c’est encore mieux. Après tout, les patrons qui se retrouvent en délicatesse avec la justice n’ont que ce qu’ils méritent. Quelle idée aberrante, voire choquante, de vouloir créer de la richesse et de l’emploi ?
Au fil des ans, cette politique en faveur du chômage a été affinée et a rencontré un succès croissant. Ce qui nous laisse en toute franchise béats d’admiration en faveur de nos hommes et femmes politiques qui, en dépit des obstacles constants, des critiques ignorantes, des alternances fréquentes, de la croissance mondiale agaçante, ont su maintenir le cap d’une augmentation constante du chômage.
Hélas, une certaine modestie les empêche souvent de se prévaloir de leurs succès.

Un triomphe, dont seule notre modestie légendaire nous empêche de nous prévaloir

Nos hommes politiques sont trop modestes, c’est là leur moindre défaut. Ils n’osent pas assez souligner leurs succès dans la lutte pour le chômage et lorsqu’ils dressent un bilan, c’est en général pour créditer ces succès à d’autres qu’eux-mêmes. On doit saluer ici le fair play, pour ne pas dire la grandeur d’âme, caractéristique de l’esprit français. Chapeau bas, les artistes.
Cette modestie, plus déraisonnable encore qu’admirable, se manifeste de trois façons : la minimisation des chiffres d’une part ; le blues des ministres du Chômage d’autre part ; et enfin par le classique et néanmoins efficace « c’est pas moi c’est l’autre ».
  • La minimisation des chiffres
Pourquoi faire sortir des statistiques des chômeurs ? Pourquoi, à chaque annonce d’une augmentation du chômage, cet un air modeste de gamin pris en faute, indiquant que ça ne va pas durer, que la courbe va bientôt se retourner ? Pourquoi afficher une telle prudence, un tel manque de confiance dans des politiques qui ont fait leur preuve ?
Au fil des ans « l’inversion de la courbe du chômage » – toujours évoquée, jamais observée – est devenue la grande menace avec laquelle on éradique la confiance en l’avenir. Heureusement, elle ne vient jamais, ou alors ce n’est qu’un écran de fumée, et la politique pour le chômage reprend ses droits. Ouf.
  • Le blues des ministres
On comprend bien que nos gouvernants regrettent de n’avoir pas pu augmenter le chômage plus vite, qu’ils se laissent aller parfois sur ce sujet à une certaine tristesse. On voudrait toujours faire mieux à court terme. Mais dans la perspective du long terme, le succès est massif et incontestable. Certes il s’agit d’un travail d’équipe dont nul ne peut s’attribuer pour lui seul les lauriers. Il n’y a pas de champion de France de la création du chômage, mais un magnifique succès collectif et bipartisan.
  • Le « c’est pas moi c’est l’autre »
La loi sur les trente-cinq heures fut une des plus magnifiques étapes dans l’accélération tant attendue du chômage. On ne soulignera jamais assez la fascinante contribution des trente-cinq heures, à laquelle nous devons la suppression de centaines de milliers d’emplois. Chapeau bas.
Augmenter le chômage en diminuant le temps de travail est une idée géniale de créativité, une innovation si étonnante qu’elle a mis du temps à émerger et que seule la France a eu le courage de mettre en œuvre avec résolution et constance. Comme quoi pour l’innovation et les macarons, il faut la durée.
L’idée est innovante parce qu’elle est contre-intuitive et qu’elle fonctionne. Le ministre du Chômage de l’époque, Martine Aubry, tutoie désormais les plus grands noms de la pensée contemporaine, dans une sorte de Hollywood Walk of Fame du génie français.
Un raisonnement intuitif pourrait nous faire penser qu’en diminuant le temps de travail de chaque emploi, on augmente le nombre d’emplois. Gros risque. Mais nos gouvernants se méfient à juste titre des raisonnements directs et ont fait justement confiance à un raisonnement plus subtil. On ne la leur fait pas, ils ne sont pas des politiciens pour rien.
En réduisant légalement le temps de travail, on augmente mécaniquement et massivement le coût du travail. Ce qui supprime de facto des centaines de milliers d’emplois. Et ouais. On ne peut qu’admirer nos gouvernants d’avoir pris un tel risque car si ça marche en théorie, il restait à démontrer que ça marche en pratique. C’est chose faite depuis. Et cerise sur le gâteau, on envoie aux investisseurs étrangers un message dissuasif sur la France. On peut regretter d’ailleurs que de ce point de vue-là, l’occasion ait été mal exploitée. Mais bon, on ne peut pas toujours tout réussir.
Alors pourquoi cette loi sur les trente-cinq heures, si bénéfique, n’a-t-elle pas de paternité claire ? À l’époque, en 1998, on l’attribuait à Martine Aubry, ministre du Travail très mobilisée par l’augmentation du chômage, mais handicapée par la croissance.
Et voilà que maintenant, dans un exercice de modestie certes admirable mais qui jette la confusion, madame Aubry ou son entourage laissent entendre que ce n’était peut-être pas son idée – mais celle de Dominique Strauss-Kahn, le fantôme du Sofitel déclassé dans un Novotel – que la loi n’a pu passer qu’avec l’appui ferme du Premier ministre Lionel Jospin – le spécialiste des premiers tours qui se prend le pêne dans l’œil – que les effets sur le chômage ne seraient pas si clairs et devraient aussi à la politique de Jacques Chirac – le Corrézien presque SDF, si démuni qu’il doit être logé par un richissime levantin.
Voilà pour une fois le succès presque orphelin. Quel dommage, car cette posture morale qui force le respect brouille aussi le débat !

Comment aller plus loin : en finir avec l’emploi

Ce qui précède montre que la lutte contre l’emploi a atteint un certain degré de sophistication. Toutefois, même quand on atteint l’excellence, il ne faut pas renoncer à progresser. 3 280 000 chômeurs c’est bien, c’est même exceptionnel, mais cela laisse environ vingt-six millions de personnes au travail.
On peut aller plus loin, même au risque de l’impopularité. C’est après tout l’honneur du politique de savoir braver l’opinion publique pour promouvoir l’intérêt général. Nous en avons assez de preuves quotidiennes pour faire fonds sans réserve sur le courage et le refus de la démagogie qui anime nos gouvernants successifs.
Quelques idées donc pour aller plus loin, catalogue non exhaustif qui pourrait être enrichi par un exercice de créativité.
  • Passer aux trente-deux heures
Puisque les trente-cinq heures, ça a plutôt bien réussi pour augmenter le chômage, on pourrait amplifier ce succès en allant plus loin. Pourquoi ne pas aller aux trente-deux heures comme le propose depuis vingt ans Pierre Larrouturou ? Pourquoi ne pas reprendre et amplifier ce qui marche ?
  • Insulter les investisseurs étrangers
On doit à notre ministre dit du Redressement productif d’avoir lancé cette nouvelle méthode. Le ministre va chercher l’investisseur avec un fusil, l’invective fleurie à la bouche. Succès garanti. Bravo monsieur le productif ministre du Redressement productif, bel exemple de créativité au service d’une noble cause.
  • Supprimer la TVA
Pour augmenter le chômage, il est essentiel d’augmenter le coût du travail. On a certes jusqu’à maintenant fait brillamment financé la protection sociale par le contrat de travail. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
On pourrait aussi faire financer l’État en transférant les recettes de l’État de l’impôt au contrat de travail. Ainsi la France pourrait effacer les désavantages comparatifs qui lui restent et que nous avons soulignés plus haut. Encore une fois, augmenter le chômage en France n’est pas facile, il y faut de l’énergie, de la constance mais aussi de grands moyens et des stratégies audacieuses.
  • Interdire les licenciements
Si on parvient à rendre le contrat de travail indissoluble comme le mariage catholique et romain, on condamne de fait l’employeur à entretenir des rentiers. Effet dissuasif garanti. Ce système qui a fait ses preuves dans le secteur public pourrait être étendu au secteur privé.
  • Verser des prestations chômage illimitées
Il convient enfin de décourager les chômeurs de reprendre un travail. Il se peut certes que certains préfèrent travailler que rester chômeurs, mais au moins il serait sain de gérer le revenu et que ceux qui sont au chômage ne gagnent pas moins que ceux qui travaillent.
La recette pour baisser le chômage est aussi connue – par les multiples exemples internationaux et les préconisations des économistes compétents – que celle des éclairs au chocolat. Si aucun gouvernement ne l’a fait, c’est donc qu’aucun gouvernement n’a voulu le faire.
Puisque ce succès de la hausse continue du chômage a permis d’identifier les moyens d’augmenter le chômage, puisque la recette est désormais bien connue, pourquoi se contenter des demi-mesures ? demande Bruno Jarrosson. Le moment n’est-il pas venu de tirer avantage du lucide courage de ces gouvernements qui n’ont jamais voulu baisser le chômage ?
Riveté au constat réaliste des faits économiques, ce livre explore les voies et délices d’un chômage généralisé fondé sur la résolution sans faille de ceux qui nous gouvernent.

La réflexion du jour

Avec de telles conditions de marché (ndlr ou plutôt de bureaucratie débilitante), on se retrouve avec ces constats : le propriétaire retiendra au minimum son investissement et le locataire continuera à se retrouver devant des logements vétustes. De leur côté, les travailleurs de la construction seront aux prises avec un marché plus faible sur le plan de la demande pour leurs services.--- Pierre-Yves McSween

21 mars, 2017

La réflexion du jour

N’empêche, le gouvernement doit s’interroger sur un mode de fonctionnement centralisé et ultra-contrôlant hérité des années de compressions (ndlr où plutôt hérité du modèle québécois : tout à l'État). Et songer à redonner non seulement des fonds, mais aussi une flexibilité au réseau de l’éducation.--- Francis Vailles

20 mars, 2017

L'univers kafkaïen de la bureaucratie

L'empire romain juste avant son effondrement.

Il nous reste combien de temps avant d'arriver au même point?

Si je me fis au fiasco de la dernière bordée de neige, il nous reste tout au plus quelques années.

 

La réflexion du jour

Oh, j’ai oublié de vous dire le salaire annuel de Gilles (ndlr fonctionnaire tabletté). Combien, vous pensez ? Cessez de lire ici si vous ne voulez pas passer le reste de la journée en t****… Réponse : 130 000 $.--- Patrick Lagacé

18 mars, 2017

La réflexion du jour

Cela est symptomatique des administrations publiques en 2017. Les gens des ministères se protègent les fesses en s’assurant que personne ne soit responsable de rien. Ils s’occupent bien de la collection collective. Ils implantent des processus internes pour leur ministère. Mais le service au public dans son sens le plus noble semble une notion passée de mode.--- Mario Dumont

17 mars, 2017

La réflexion du jour

Bizarre qu'ici le blizzard fasse tant de dégâts. Sans doute la faute à l’austérité... On ne s’en sortira jamais si on ne prend pas les grands moyens. Tant qu’on n’en sera pas à quatre millions de fonctionnaires pour huit millions d’habitants, on ne sera sûr de rien... Surtout en hiver.--- Michel Hébert

16 mars, 2017

La réflexion du jour

Des prisons high-tech, mais des CHSLD vétustes, des centaines de millions de dollars coulés dans des projets informatiques inutiles, mais des écoles en manque de spécialistes... La main gauche, qui fouille dans nos poches, ne sait pas ce que fait la main droite, qui gaspille...--- Richard Martineau

15 mars, 2017

Le populisme est à la mode

Ce n'est pas la mondialisation qui élimine des emplois, c'est la robotisation.

La robotisation n'est pas un nouveau phénomène. Ce phénomène est en marche depuis la révolution industrielle.

Le populisme risque de ralentir, pour ne pas dire mettre fin au processus d'amélioration de la qualité de vie des populations en marche depuis plus de 300 ans.

La réflexion du jour

Le Québec se dirige vers des déficits d’une trentaine de milliards de dollars en 2035. C’est une des conclusions d’un cahier de recherche publié en décembre dernier par la Chaire de recherche Industrielle Alliance. La raison: le vieillissement de la population, surtout, qui va exercer une pression énorme sur les soins de santé et ralentir la croissance de la force de travail dans la province.--- David Descôteaux

14 mars, 2017

La réflexion du jour

Des remorques remplies à craquer de masques chirurgicaux, de marchettes, de fauteuils roulants, d’appareils d’hémodialyse et de mammographie... Allez, sacrez-moi ça à la poubelle! De toute façon, on s’en fout, si on en a besoin d’autres, on en achètera, on a juste à prendre un contribuable et à le presser comme un citron, le fric va lui sortir par les trous de nez...--- Richard Martineau

13 mars, 2017

La réflexion du jour

Mais le système lui-même avec sa bureaucratie à paliers multiples a tout ce qu’il faut pour laisser enfants et parents dans le néant. La famille d’un enfant en difficulté sera ballottée entre les systèmes de santé et d’éducation pour le diagnostic, entre l’école et la commission scolaire pour l’obtention de services d’aide. Et tout ce beau monde manque de ressources et promet de longues attentes.--- Mario Dumont

11 mars, 2017

La réflexion du jour

C’est donc avec la plus grande facilité que la Commission de la construction du Québec a mis fin à la tâche des parents (ndlr rafraîchir bénévolement la peinture de leur école) du village de Saint-Sébastien. Un inspecteur syndiqué, avec bretelle et ceinture, assuré d’un emploi moelleux et d’une retraite bien potelée, s’est dressé devant ces pauvres gens en exigeant soumission et pièces d’identité, les menaçant­­ même d’une amende.--- Michel Hébert

10 mars, 2017

La réflexion du jour

Rien de tout cela ne devrait surprendre. Quand l’industrie de la construction (ou la CCQ) fait son bilan chaque année, elle mesure son succès par le «nombre d’heures travaillées». Est-ce que ces heures ont été productives? Est-ce qu’on gaspille moins? Est-ce que le principal donneur d’ouvrage – le gouvernement – en a plus pour son argent? Ce qui compte, c’est que «les gars» travaillent plus d’heures. Belle mentalité, qui explique plusieurs lois ridicules et inefficaces dans l’industrie.--- David Descôteaux

09 mars, 2017

La réflexion du jour

Un système de santé et de services sociaux est beaucoup trop complexe pour être planifié et administré de façon centralisée, comme c'est le cas ici depuis longtemps. Il suffit de constater à quel point le Québec traîne la patte par rapport aux autres pays développés en matière de délais d'attente pour se convaincre que la planification centrale est un échec. Selon la plus récente enquête internationale du Commonwealth Fund, le Québec arrive encore bon dernier au chapitre des temps d'attente en santé parmi une douzaine de nations industrialisées.--- Yanick Labrie

08 mars, 2017

Pourquoi la France va faire faillite, de Simone Wapler

À l’heure de l’euphorie sur les marchés financiers, et en ce début d’année 2017, peut-on penser que l’économie française est sortie d’affaire, que « ça va mieux » ? Retour sur un ouvrage de Simone Wapler qui n’a malheureusement pas perdu de son actualité et de sa pertinence un peu plus de quatre ans après…

Par Johan Rivalland.
Voici un livre bien inquiétant, et en même temps on ne peut plus avisé.
Pourtant, un peu plus de quatre ans après sa sortie, on pourrait penser que l’auteur s’est trompée, puisque la France ne semble pas, en apparence, avoir (encore) fait faillite.
Pour autant, peut-on en conclure que la situation est meilleure, que les réformes espérées ont eu lieu, que les principaux indicateurs se sont redressés durablement et sont au beau fixe ? Pas du tout, loin de là. Simone Wapler, d’ailleurs, persiste et signe dans ses analyses et nous alerte régulièrement sur les dangers de la léthargie persistante actuelle.
Un excès de pessimisme ?
Répondant par avance à ceux qui la qualifieraient de pessimiste, l’auteur utilise l’image suivante :
« Supposez que vous soyez un géographe observant le cours d’une rivière, enregistrant la topographie des lieux, mesurant le bruit ambiant et que vous déclariez  « attention danger, chutes droit devant ». Si vos auditeurs vous taxaient de pessimisme, vous trouveriez cela absurde »,
précisant que cette observation n’a rien de pessimiste ou d’optimiste, puisqu’elle se base sur des observations rationnelles. De la même manière, une observation fine de tous les indicateurs économiques, comme dans le présent ouvrage, conduit à des conclusions aussi sombres mais réalistes.

Vers une hausse des taux d’intérêt

Ainsi que l’on pouvait déjà le lire dans Ricardo reviens ! ils sont restés keynésiens de Jean-Marc Daniel, Simone Wapler commence ainsi par nous expliquer comment l’excès d’épargne qui prévalait jusque-là et permettait de financer nos dettes va se tarir sous l’effet de la fin du salarié low cost qui se profile en Asie. Il s’en suivra une hausse des taux d’intérêt, qui accélérera notre faillite. Le schéma est le suivant :

Jusque-là, les pays pauvres produisaient à bas coût ce que les pays riches achetaient à crédit.
Eux épargnaient et finançaient ainsi ce que nous leur achetions à crédit.
Désormais, les Chinois vont davantage consommer et auront donc moins d’argent à nous prêter. D’où la hausse inéluctable des taux d’intérêt, prévisible dans un horizon proche (et tout ce que cela entraîne).

Le risque croissant d’une crise de solvabilité

Face aux dettes colossales qui nous submergent, plusieurs États européens surendettés avalent d’ores et déjà des potions amères (Espagne, Italie, Irlande, Portugal…) ou d’autres (comme la Grèce) sont secourus (y compris par le concours d’une France qui n’en a plus les moyens), tandis que la crise semble s’être, selon la juste expression de l’auteur, « comme le nuage de Tchernobyl, arrêtée à nos frontières ».

Et c’est ainsi que les gouvernements français recourent à l’impôt, sans véritablement s’attaquer sérieusement au train de vie public, qui nous enfonce dans le gouffre.
Or, c’est non pas une crise de liquidité qui nous mine, mais de solvabilité.
Les mauvaises solutions sont donc mises en oeuvre actuellement, nous montre Simone Wapler.
Ainsi, rien que début 2012 (rappelons que l’ouvrage date de cette année-là), ce sont 1 000 milliards d’euros supplémentaires ne correspondant à aucune création de richesse réelle qui ont été créés artificiellement, dans l’espoir de sauver le financement de l’économie européenne via les banques commerciales, sans en mesurer pleinement les conséquences.
Ce qui s’ajoute, pour la France, aux près de 800 millions d’euros qu’il faut chaque jour parvenir à emprunter rien que pour assurer le remboursement des emprunts passés arrivés à échéance (une machine infernale).

Une présentation pédagogique des ressorts de la faillite étatique

Dans le but de nous expliquer le plus clairement et simplement possible ce qui échappe au plus grand nombre par méconnaissance de la science économique, Simone Wapler nous propose ainsi une présentation très pédagogique des grands agrégats de l’État et des mécanismes de la monnaie et de la finance. Qui permet d’y voir plus clair et de mieux comprendre ce qui se cache derrière les chiffres et les arguments des politiques et pourquoi nous ne nous rendons pas compte que la France va faire faillite.
Constat, certes, peu joyeux et qui peut paraître pessimiste, comme nous l’avons vu, mais qui correspond hélas tout à fait à la réalité, et à une réalité probablement inéluctable.
Trente années de montée de l’État-Providence, de surendettement et de conversion des banques en bailleurs de fonds de l’État, avec toutes les déconvenues et les risques que cela représente et les renvois d’ascenseur respectifs, au détriment des entreprises, épargnants et contribuables. Une « machine devenue folle », comme le dit et le montre Simone Wapler.
Et surtout, un constat édifiant sur l’incapacité des médias ou grandes institutions financières à nous informer correctement, comme nous le révèle l’auteur avec force humour et de multiples exemples précis (et à la fois simples à comprendre, grâce à son sens de la pédagogie).

La France au bord du gouffre

Avec beaucoup de bon sens et des exemples à portée de tous, l’auteur nous explique pourquoi la France va bel et bien faire faillite, dans un contexte où la croissance est redevenue modérée, la croissance forte des Trente Glorieuses étant l’exception, selon la norme historique (rappel utile).
Un essai honnête, concret, efficace, et souvent drôle, grâce au style de l’auteur, malgré la gravité du sujet.

Sauf que…
Lorsqu’on en arrive au chapitre 8 (« Que va-t-il se passer exactement ? »), on n’a plus du tout envie de rire, ni même de sourire. Ce que nous annonce l’auteur est véritablement effrayant, cataclysmique… Bien pire encore que ce que connaît actuellement la Grèce… Une atmosphère de fin du monde.
L’auteur nous donne d’ailleurs, le plus sérieusement du monde, des conseils, dans les chapitres suivants, sur la manière de préparer notre kit de survie… C’est dire ! De quoi ne plus en dormir la nuit.
Mais, pour finir sur une note optimiste, souhaitons que 2017 sera l’occasion d’un premier véritable tournant dans nos orientations politiques habituelles. Même timide. Que la prise de conscience débouche enfin sur de premiers actes véritablement concrets et significatifs. Qu’il ne soit tout simplement pas trop tard…