Chaque Québécois doit 67 700 $

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28 février, 2017

La réflexion du jour

Comme on fait trop souvent, on confond les buts (louables) d’une politique, et les moyens d’atteindre ces buts. Imaginez : le coût du programme des garderies s’est multiplié huit fois depuis ses débuts. Alors que le nombre de places, lui, n’a même pas triplé! Les garderies subventionnées coûtent aujourd’hui plus de 2,5 milliards $ aux contribuables (probablement plus, mais les chiffres sont – volontairement? – difficiles à trouver et colliger). Pourquoi? Parce qu’au lieu de donner l’argent aux parents, on l’a donné au système. Ce faisant, on a transformé un programme destiné aux parents en programme d’emplois pour éducatrices et fonctionnaires…--- David Descôteaux

27 février, 2017

La réflexion du jour

Aussi, pour obtenir un permis (ndlr camion de cuisine de rue), on doit soumettre une demande et un plan d'affaires à un comité de cinq personnes mandatées par la ville. Ce comité de sages, dont trois sont liés à l'industrie de la restauration, va évaluer la viabilité de votre projet. Ce sont donc eux qui décident qui peut opérer un camion-restaurant, qui ne le peut pas, et quelle bouffe sera offerte. Le Politburo doit-il aussi donner son aval ? --- Jasmin Guénette

25 février, 2017

La réflexion du jour

Que les syndicats de profs s’insurgent contre l’enseignement des affaires financières ne devrait toutefois pas nous étonner. Ça fait longtemps qu’ils rêvent de révolution, de remplacer le pouvoir actuel par le leur... Avec les bureaucrates et les pédagogues, ils sont venus à bout des notions «bourgeoises» d’effort et d’excellence. Ils ont nivelé par le bas, au plus bas possible, même l’enseignement du français.--- Michel Hébert

24 février, 2017

La réflexion du jour

Je ne vous apprends rien, la grille tarifaire des services de garde au Québec est un foutoir. Un tarif unique, puis modulé rétroactivement en fonction du revenu au moment de faire ses impôts, qui s’applique plus ou moins qu’il s’agit du premier, du deuxième ou du troisième enfant… plus tarabiscoté que ça, tu meurs.---Daniel Germain

23 février, 2017

La réflexion du jour

Ce monopole (ndlr le système de santé) se traduit par des pertes d'efficacité énormes et une offre de service inadéquate, créant ainsi l'étranglement vécu par les patients québécois. On ne parle pas ici de répliquer le système américain, mais plutôt de s'inspirer des modèles européens pragmatiques qui respectent le principe de l'universalité, si prisé par nos politiciens. La mixité en santé aurait l'effet de maximiser la contribution du privé tout en rendant plus efficaces les investissements de l'argent des contribuables.--- Carl Vallée

22 février, 2017

Injection d’argent public pour relancer l’économie : la fausse bonne idée




relance budgétaire
En droite ligne de la philosophie keynésienne qui sous-tend les actions de notre exécutif socialiste, la relance budgétaire constitue le couteau suisse de l’économie française, l’outil que l’on ressort à la moindre occasion en étant persuadé qu’en lui réside la clé de tous les problème. Or, si l’État peut parfois jouer un rôle de soutien de l’économie, son interventionnisme systématique peut devenir, non seulement contre-productif mais aussi et surtout très dangereux pour l’équilibre monétaire, y compris dans le reste de la zone Euro.
On se souvient de la polémique suscitée par le gouvernement en octobre dernier lors de l’achat de TGV auprès l’Alstom. 700 millions d’euros d’argent public remis à une entreprise même pas systémique dans le but annoncé de
« soutenir et dynamiser la croissance économique d’un fleuron de l’industrie française, lui même à la source d’un très grand nombre de processus économiques vitaux dont dépendent une multitude d’entreprises sous-traitantes et partenaires, avec des dizaines de milliers d’emplois à la clé. »
En réalité, on sentait surtout la volonté de caresser les « partenaires sociaux » dans le sens du poil, histoire d’éviter de mettre le feu dans les rues à six mois des élections présidentielles.
Quoi qu’il en soit, la question n’était pas tant de savoir pourquoi l’État se mettait à acheter des trains, mais surtout comment il allait pouvoir financer cette nouvelle dépense. La réponse est très simple : l’emprunt. Encore et toujours.

La France incitée à creuser encore davantage son déficit public

Comme tous les autres pays du monde aujourd’hui, la France est endettée. De plus en plus endettée, au point que toute la richesse produite chaque année dans le pays ne suffit désormais plus à couvrir sa dette. Et comme la croissance est quasi nulle, impossible de se désendetter.
C’est alors qu’une idée géniale (et malheureusement déjà utilisée à plusieurs reprises dans le passé… sans succès) est revenue titiller l’imagination de nos élus : la relance budgétaire, ou pour parler plus clairement, l’injection d’argent public dans l’économie pour susciter la demande. Enfin, pour être tout à fait honnête, l’idée leur a un peu été soufflée par les autorités européennes qui se disent que, puisqu’on a à peu près tout tenté sans rien réussir, autant lâcher les chevaux et autoriser les pays qui le souhaitent à creuser encore davantage leur déficit public, quitte à dépasser la limite de 3% fixée par le traité de Maastricht.
En déficit chronique depuis 1974, la France s’est vue donc ouvertement invitée… à ne rien changer à ses mauvaises habitudes, alors même qu’on lui reprochait encore hier de ne pas suffisamment se réformer. Surtout qu’on continue par ailleurs à faire la leçon à des pays en grande difficulté comme la Grèce ou le Portugal dont le déficit peine à retourner sous cette barre fatidique des 3%.

Mais pourquoi soutenir la demande ?

La croissance est directement liée à la consommation ainsi qu’à l’investissement productif. Et la consommation dépend de l’offre (qui est pléthorique aujourd’hui) et la demande (qui reste à des niveaux trop faibles).
Or, la situation économique actuelle ne pousse pas les agents économiques à consommer (ils préfèrent épargner, tout en privilégiant d’ailleurs de plus en plus souvent des actifs débancarisés comme l’or ou l’immobilier). Les entreprises, elles, ont toutes les peines du monde à être à la fois compétitives et rentables et qu’il est donc hors de question pour elles d’envisager d’autres investissements que les plus urgents.
Au final, l’État est conscient qu’une partie des problèmes rencontrés par les particuliers comme par les entreprises réside dans la pression fiscale et sociale qui n’a cessé d’augmenter depuis 5 ans. Pour autant, ce n’est pas sur ce point qu’il envisage de redynamiser l’économie. Mais plutôt en lançant de grands chantiers d’investissement public (infrastructures, éducation, recherche…) qui, toujours selon les énarques qui nous gouvernent, devrait immanquablement donner du travail aux entreprises françaises. Elles devront alors embaucher (et peut-être offrir de meilleurs salaires pour attirer les meilleurs éléments), avec comme conséquence finale une hausse du revenu moyen ainsi qu’une amélioration de la trésorerie des sociétés.
Forcément, au bout d’un moment, une fois la confiance retrouvée, la consommation repartira, tout comme l’investissement, et la croissance suivra, permettant à la France de se désendetter peu à peu. C’est ce qu’on appelle la relance budgétaire.

A-t-on les moyens d’une telle relance budgétaire ?

Clairement, nous n’avons tout simplement pas les moyens d’une telle politique. Et c’est justement là que le bât blesse. Dépourvu de ressources, l’État envisage rien de moins que d’emprunter l’argent nécessaire à cette relance. En clair, l’État va continuer à s’endetter pour retrouver une croissance qui lui permettra hypothétiquement… de rembourser ses dettes initiales. Emprunter pour payer ses dettes, c’est à tout le moins particulièrement risqué, pour ne pas dire irresponsable dans le cas d’un État. Techniquement, il s’agit d’une forme de pyramide de Ponzi, dans laquelle l’argent des nouveaux investisseurs sert à payer les précédents, indéfiniment, jusqu’à l’implosion du système. C’est-à-dire quand le niveau d’endettement deviendra bien trop important pour être couvert par de nouveaux emprunts.
Le bon côté, si l’on peut dire, est que l’implosion n’est pas forcément pour tout de suite, car la BCE encourage même cette véritable cavalerie financière, notamment par le maintien de taux directeurs bas, voire nuls. De la même façon, en décidant de maintenir sa politique de quantitative easing jusqu’à fin décembre 2017, la banque centrale européenne envoie un signal fort aux États pour qu’ils continuent à émettre des obligations sans trop se poser de questions.
Or, comme le souligne Patrick Artus, directeur de la recherche économique de Natixis, une dette d’État n’est plus un actif sûr. En effet, en marge de sa politique pour le moins accommodante, la BCE reconnaît à voix basse que cette spirale infernale finira un jour ou l’autre par amener certains pays à faire défaut sur tout ou partie de leur dette. Et il faudra l’accepter.
Si cela devait arriver, alors plus personne n’aurait confiance dans les obligations d’État (États qui auraient donc soudain toutes les peines du monde à créer continuellement de nouvelles dettes pour éponger les précédentes). La pyramide s’écroulera alors, entraînant avec elle une bonne partie des actifs des investisseurs (on pense notamment aux compagnies d’assurance, mais pas seulement).

Relance budgétaire : une bombe à retardement

Pire encore, la monnaie elle-même risque de pâtir de cette situation, car elle est justement fondée sur la dette, notamment par le biais de la banque centrale qui rachète des obligations à tour de bras. Or, comme cette dette risque de ne plus être remboursée, la valeur même de la monnaie menace à son tour de s’effondrer (qui voudrait d’une monnaie en laquelle on ne pourrait plus avoir confiance ?).
Et de toute façon, même si le château de cartes ne s’effondre pas un jour ou l’autre, il faut bien comprendre qu’on arrivera à un tel niveau d’expansion monétaire (pour acheter toujours plus de dettes d’État) que la devise finira par ne plus valoir grand chose.
Au final, la relance budgétaire telle qu’elle est désormais envisagée est une véritable bombe à retardement, non seulement pour notre économie mais également pour celle de toute la zone euro.
Et là, bien heureux ceux qui auront su préserver une partie de leur épargne sur des supports éloignés de toutes ces turbulences financières, que ce soit dans la pierre ou les métaux précieux par exemple. L’or et l’argent ont de tout temps constitué des valeurs refuge par excellence.

La réflexion du jour

Si le Canada est pour se « décarboniser », cela arrivera seulement quand de nouvelles technologies non-subventionnées et abordables pour les consommateurs verront le jour. Et non avec du « tordage de bras » par les politiciens.--- Jack Mintz via David Descôteaux

21 février, 2017

La réflexion du jour

Le vote favorable au Brexit, l’élection du président Trump, la réouverture prochaine de l’ALENA et l’émergence de partis politiques européens plutôt hostiles à l’ouverture des frontières ramènent sur le devant de la scène la vieille question, à laquelle les économistes croyaient avoir répondu de façon définitive il y a deux cents ans : le libre-échange est-il bon pour tous ? La réponse est toute simple : oui !--- Germain Belzile

20 février, 2017

La réflexion du jour

Libre à vous de croire ce que répètent les bronzés de la gauche et les voix de la compassion louées au tarif de l’Union des artistes. Vous n’en aurez jamais pour votre argent... Notre régime politique fait une grande place au bavardage, mais ne vise que l’accaparement du bien d’autrui. La curée fiscale d’ici est unique en Amérique.--- Michel Hébert

18 février, 2017

La réflexion du jour

Nulle part n'avons-nous cédé le contrôle de la direction du Ministère de l'Éducation à ces groupes de pression (ndlr les syndicats) plus bruyants que pertinents. On leur laisse depuis longtemps décider de ce qui est bien ou mal pour le développement des adolescents, mais les résultats n'y sont pas. Les enseignants font leur possible pour bien faire, ils ne sont pas à blâmer et je les admire sincèrement. Cependant, le contrôle syndical sur les dangers d'enseigner aux plus jeunes comment gérer leur argent sainement, on s'en passera.--- David Chabot

17 février, 2017

La réflexion du jour

Cette année, seulement 17 % des Canadiens vont cotiser à un REER, et le ratio moyen d’endettement des ménages québécois est de 150 %. Vous ne trouvez pas que le temps est venu d’apprendre aux jeunes à mieux gérer leur argent?--- Richard Martineau

16 février, 2017

La réflexion du jour

Si le cours d’économie et de finances personnelles que souhaite imposer le ministre Sébastien Proulx n’enseigne pas les bases du socialisme, et comment dépenser l’argent des autres, les syndicats n’en veulent pas.--- David Descôteaux

15 février, 2017

Pourquoi les politiciens détestent le marché libre

Le marché libre est en permanence dénigré par les hommes politiques qui préfèrent vanter leurs prestations délivrées par l’intermédiaire de l’État. Pourtant, l’excellence ne devrait pas craindre la concurrence…

Par Ferghane Azihari.

Pas un jour ne passe sans que nous entendions un politicien faire le lien entre les malheurs du monde et les excès d’une économie prétendument dérégulée. En Europe, l’idée de marché libre est particulièrement méprisée par la classe politique.
La raison de ce mépris tient à la nature même du commerce. Le marché n’est en effet ni plus ni moins qu’un réseau de coopérations volontaires. D’humbles individus tels que vous et moi qui échangeons des biens, des services et des idées.
Ce réseau se constitue de vastes associations que nous nouons par affinité et par intérêt pour satisfaire nos désirs tout en proposant des solutions aux problèmes rencontrés par nos semblables. Or quand on y réfléchit, c’est précisément ce que prétendent faire les politiciens. Ils affirment eux aussi être indispensables à notre épanouissement.

Une concurrence féroce entre l’État et le marché libre

Il existe donc une concurrence féroce entre l’État et le marché. À ceci près que le premier se distingue du second par le fait qu’il fonctionne sur la base de la force et non du consentement supposé régir les relations civilisées.
Autrement dit, le marché libre est un puissant vecteur d’autonomie de la société vis-à-vis de l’État. Et c’est précisément cette autonomie que la classe politique redoute puisque son prestige, son pouvoir et ses privilèges dépendent de sa capacité à nous convaincre de son utilité.
Tout ceci n’est bien entendu qu’un leurre puisque la classe politique ne produit aucune richesse. Elle ne fait que consommer les biens et les services produits par le secteur marchand.
Éducation, santé, sécurité, protection sociale, finance, monnaie… Il n’existe pas un seul « service public » que nous ne pourrions pas produire nous-mêmes – et de manière plus compétitive – sans ce coûteux « intermédiaire » qu’est l’administration.
Encore faudrait-il que l’on puisse s’affranchir des nombreuses entraves réglementaires et fiscales pour le prouver. Mais la bureaucratie y trouverait-elle seulement un intérêt ? Pas si sûr. Que lui resterait-il autrement ?

Des exemples privés plus réussis que les prestations publiques

Des entreprises comme EasyJet ou Blablacar ont démocratisé le transport de manière plus significative que tous les ministères des transports réunis en Europe.
L’industrie du numérique a favorisé la circulation de la connaissance et de l’information, là encore, de manière beaucoup plus puissante que l’Éducation nationale.
Quant aux inventeurs de la Blockchain, leurs contributions pour faciliter les échanges auront un impact plus retentissant que l’action de toutes les banques centrales réunies.
Il n’est donc pas difficile de constater que le marché – en dépit des nombreuses entraves qu’il endure – contribue quotidiennement à l’amélioration de notre condition.
D’autant plus qu’il le fait d’une manière beaucoup plus rapide que l’administration qui, elle, se définit essentiellement par son immobilisme et son inefficacité sauf lorsqu’il s’agit de saboter l’économie.
La classe politique n’est donc nullement indispensable pour favoriser notre prospérité. Celle-ci s’obtient au contraire par les gains de productivité générés par la division du travail, l’accumulation de capital ainsi que le progrès technique que permettent l’entrepreneuriat, l’épargne et l’investissement. La classe politique ne joue aucun rôle dans la création de richesses et ne sait faire que la ralentir par son activisme fiscal, réglementaire et monétaire.
Du point de vue du politicien classique, la méfiance vis-à-vis du marché est donc tout à fait rationnelle. Le commerce a toujours constitué un puissant contre-pouvoir au discours et à l’arbitraire des États.
Il semble en effet que le pouvoir politique s’arrête là où le marché libre commence. Tâchons donc de reprendre des parts de marché aux politiciens partout où cela est possible.

Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

La réflexion du jour

Ce n’est pas pour rien que, l’an dernier, plus de 46 000 consommateurs et entreprises ont déclaré faillite ou encore soumis une entente de paiement à leurs créanciers au Québec. Un record, écrivait récemment mon collègue Pierre Couture. Et après ça, certains se demandent encore si c’est une bonne idée de remettre des cours d’éducation financière au secondaire? J’encourage fortement le ministre dans cette démarche. Qu’on enseigne les bases de l’économie et d’un budget, ça presse!--- David Descôteaux

14 février, 2017

La réflexion du jour

Au Québec, préserver l’intégrité d’un système de santé 100 % étatique a toujours été plus important que de soigner les gens dans les plus brefs délais possibles. Nous sommes tous égaux devant l’attente. Et devant la mort qui parfois survient à cause de l’attente.--- Lise Ravary

13 février, 2017

La réflexion du jour

La situation ne s’est pas améliorée malgré les fortes augmentations de dépenses par les gouvernements dans ce secteur. En fait, de 2001 à 2015, les dépenses publiques réelles par habitant en santé ont augmenté de 26 % au Canada. L’attente, elle, n’a pratiquement pas bougé, et le terme « patient » demeure plus que jamais tout indiqué pour désigner le Canadien en attente de se faire soigner.--- Germain Belzile

11 février, 2017

La réflexion du jour

Le Parti québécois serait donc «figé et vieillissant»? À l’image du Québec, quoi. Figé dans une social-démocratie modèle années 1970, alors que les pays scandinaves, maîtres en la matière, ont rajeuni la leur il y a longtemps.--- Lise Ravary

10 février, 2017

La réflexion du jour

Et depuis 1966, soit lorsqu'on lui a octroyé sa toute première subvention, Bombardier a reçu plus de 4 milliards de dollars en fonds publics. « Ce sont les contribuables qui, malgré eux, deviennent des investisseurs », observe M. Bédard. « Ils sont forcés de miser leur argent sur le succès plus ou moins probable de projets subventionnés risqués, choisis par les politiciens et les fonctionnaires pour des raisons qui relèvent plus de la rentabilité politique qu'économique. »

09 février, 2017

La réflexion du jour

Et c’est reparti! 317 millions US$ de votre argent, chers contribuables, serviront à enrichir les actionnaires de Bombardier, cette entreprise devenue Too big to fail. L’occasion est trop belle pour ne pas vous offrir un autre extrait de mon livre « L’argent des autres »… et un de mes préférés!--- David Descôteaux

08 février, 2017

Le spectre du «négationnisme économique» hante-t-il la France ?




Un article de Trop Libre
004430910« Le Négationnisme économique » est un pamphlet dirigé contre les idéologues dont les arguments, qui ne reposent sur aucune démarche scientifique valable, visent à disqualifier la science économique.
Pierre Cahuc et André Zylberberg condamnent les dérives « négationnistes » consistant à relativiser ou dénigrer les conclusions établies par la science économique.

Une science économique devenue expérimentale

L’économie contemporaine est devenue une science « enracinée dans les faits » qui cherche « à mettre en évidence des liens de cause à effet ». Pour cela, Pierre Cahuc et André Zylberberg insistent sur l’utilisation, par la science économique contemporaine, des méthodes d’analyses expérimentales basées sur « des protocoles scientifiques » rigoureux. Les travaux, à l’instar de la recherche médicale, s’appuient sur un examen méticuleux des groupes « tests » et des groupes « contrôles ». Les résultats de l’analyse économique sont vérifiés par des spécialistes et les publications sont soumises à l’évaluation par les pairs.
Ainsi, les études empiriques consacrées aux effets de l’immigration sur les salaires et le chômage « contredisent formellement l’idée que l’accroissement de la population en âge de travailler ferait systématiquement baisser les salaires et créerait du chômage ».
De même, Pierre Cahuc et André Zylberberg mettent en lumière l’existence de résultats économiques indiscutables en matière de fiscalité ou encore des dépenses publiques. Pour ces dernières, les auteurs soulignent que les remèdes keynésiens sont souvent prescrits car ils évitent de « s’interroger sur les effets du coût du travail, de la législation sur le licenciement ou sur la meilleure manière de gérer l’assurance chômage et la formation professionnelle ».
Ainsi, le traitement statistique d’études de terrain, l’expérimentation en double aveugle et la vérification académique consolident la pertinence des conclusions de la science économique contemporaine.

Le schéma « négationniste » à l’œuvre contre la science économique

Au-delà de l’utilisation provocante du terme « négationnisme », faisant référence au déni de l’entreprise génocidaire nazie au cours de la Seconde Guerre mondiale, Pierre Cahuc et André Zylberberg expriment leur inquiétude quant au primat de l’idéologie sur la connaissance rationnelle.
Les auteurs dénoncent le « négationnisme économique » qui repose sur trois piliers. D’une part, le négationniste usera de l’éthos en mettant en avant la figure de « l’intellectuel engagé » ou du « grand patron » comme argument d’autorité sensé légitimer ab initio le rejet des conclusions de la science économique. D’autre part il mobilisera le pathos en désignant des « boucs émissaires » tels que la finance ou l’immigration afin que l’émotionnel prenne le pas sur le rationnel. Enfin, le négationniste s’appuiera sur le logos ayant l’apparence d’un raisonnement logique mais, qui en réalité, est construit sur un présupposé idéologique (autrefois marxiste, aujourd’hui keynésien ou malthusien).
Le schéma « négationniste » se retrouve dans la rhétorique des industriels du tabac et des climato-sceptiques qui souvent financent des programmes d’études, présentent des rapports ou participent à des campagnes médiatiques visant à jeter un doute sur les consensus solidement établis par la science économique. Par conséquent, le négationnisme économique, présenté comme un fléau, aurait des conséquences dévastatrices car il nierait les éléments factuels des processus économiques.

Les stratégies négationnistes de disqualification de la science économique

L’ouvrage présente le rôle néfaste, dans la production ou la propagation du négationnisme économique, des « économistes atterrés », de certains philosophes ou politiciens, des revues comme Alternatives économiques ou encore des sociétés savantes alternatives telle l’Association française d’économie politique (AFEP).
Ces acteurs de la vie publique et scientifique insistent par exemple sur la nécessité de réduire le temps de travail. Or, Pierre Cahuc et André Zylberberg estiment qu’on est ici en face d’un « négationnisme économique » car « toutes les évaluations crédibles montrent que des politiques bien ciblées de baisse du coût du travail créent des emplois alors que la réduction du temps de travail n’en crée pas ».
Les auteurs fustigent également le rôle de certains grands patrons qui « coulent la France » en produisant des rapports justifiant l’octroi de subventions ou d’allègements fiscaux à des entreprises en difficulté ou en situation de forte concurrence. Or, les auteurs regrettent « l’intervention des pouvoirs publics via la subvention et la sélection de projets spécifiques » qui n’améliore guère les performances des entreprises.
De plus, il arrive que les discours de certains grands patrons soient appuyés par les think tanks qui promeuvent, par une rhétorique négationniste, « les intérêts du secteur industriel ».

Le « négationnisme économique », une fatalité ?

Contre les « pseudo-scientifiques », les auteurs insistent sur la nécessité de faire preuve de précaution, notamment en vérifiant la réputation académique des économistes et les classements des revues. Les auteurs reconnaissent que « la production scientifique n’est pas parfaite », mais ils estiment que seule la démarche scientifique peut nous éloigner du négationnisme économique.
Enfin, il nous faut prendre conscience que la démarche scientifique nécessite l’examen seulement par les « plus compétents ». De surcroît, les sujets complexes de la science économique ne peuvent faire l’objet que d’une évaluation scientifique rigoureuse afin de « contrer toute tentative d’ériger un mensonge en vérité ».

La réflexion du jour

Durant plusieurs années, le réseau des CPE a été financé généreusement. Si bien que la gestion n’était pas serrée comme elle aurait dû l’être. Maintenant exposés à une rigueur budgétaire plus intensive, certains conseils d’administration de CPE réalisent que les choix passés nuisent à la survie financière des installations.---Pierre-Yves McSween

06 février, 2017

La réflexion du jour

Car avec 102 milliards $ de budget, 500 000 employés dans la fonction publique et des taxes qui nous écrasent un peu plus chaque année, il n’y a aucune raison de toucher au Fonds des géné­rations. Et aucune excuse pour ne pas donner des bains à nos aînés, avoir des écoles qui ont de l’allure, payer nos procureurs en grève et tout le reste...--- David Descôteaux

04 février, 2017

La réflexion du jour

Nous voilà donc avec un grand projet (ndlr le REM) de 5,5 milliards de dollars, porteur de développement économique, que les groupes de pression bloquent encore une fois. L’histoire se répète : dès qu’il y a un projet d’investissement au Québec, on l’empêche de voir le jour pour mille et une raisons.--- Pascale Déry

03 février, 2017

La réflexion du jour

Vous êtes de droite et vous vous demandez ce que vous pouvez faire pour aider votre camp? Ne faites rien! Ne levez pas le petit doigt! La gauche radicale et sa police de la pensée vont faire le boulot à votre place. Ils vont tellement écœurer le peuple qu’il va leur tourner le dos et courir en sens inverse...--- Richard Martineau

02 février, 2017

La réflexion du jour

Sur le long terme, l’expansion du commerce mondial a profité à l’immense majorité, inégalement bien sûr, au point que nous tenons ses bienfaits pour acquis et ne voyons plus que ses problèmes. La compétition commerciale force à s’améliorer, fait baisser les prix et favorise la paix, puisqu’on attaque rarement un partenaire commercial. Il faut civiliser la mondialisation, pas lui tourner le dos.--- Joseph Facal

01 février, 2017

La détérioration des institutions politiques (2/2)


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“Political Order and Political Decay: From the Industrial Revolution to the Globalization of Democracy”, par Francis Fukuyama.
Voir la première partie de ce billet ici.
L’Afrique
En raison des maladies et du manque apparent d’opportunités économiques, les Européens n’ont pas colonisé l’Afrique en grand nombre et n’y ont pas importé leurs institutions (comme ils le firent en Inde, en Australie ou en Amérique). Ils n’ont cherché qu’à en exploiter les ressources, ce qui inclus évidemment les esclaves. Ils ont alors ruiné les anciennes institutions indigènes sans toutefois en construire de nouvelles.
Il est donc peu surprenant que suite à l’indépendance de ces pays, des régimes patrimoniaux y aient émergés, lesquels sont centrés sur un leader fort à la tête d’un système présidentiel, et non parlementaire. L’autorité de ces présidents est quasi absolue, sans contrôle des cours de justice, des législateurs, des ministres et, bien entendu, sans égard pour la constitution, le tout sans limite de mandat. Évidemment, cette structure politique a été dominée par le clientélisme et la corruption massive. Au Zaïre de l’ère Mobutu, il y avait environ 600,000 fonctionnaires, alors que selon la Banque Mondiale, il n’en fallait pas plus de 50,000.

Au Kenya, les 5 principaux groupes ethniques représentent environ 70% de la population. Au Kenya postindépendance, ce sont les Kikuyu qui ont pris le pouvoir politique et l’ont forgé en un système de patronage politique. Dans ce pays, comme dans bien d’autres en Afrique, le gouvernement est un véritable butin qu’il est très payant de capturer pour pouvoir l’utiliser à son avantage. Lorsqu’un président issu d’un autre groupe ethnique pris le pouvoir quelques années plus tard, le flux de patronage fut redirigé à l’avantage de cet autre groupe ethnique.

Fukuyama dresse une comparaison fort intéressante entre le Nigéria et l’Indonésie, dont les populations sont similairement très nombreuses, ethniquement diversifiées et bénéficiant d’importantes réserves pétrolières. En 1960, le PIB per capita de l’Indonésie représentait 60% de celui du Nigéria. En 2010, il était 118% plus élevé. Au cours de cette période, l’Indonésie a réussi à diminuer sa dépendance économique aux exportations pétrolières, alors que cette même dépendance a augmenté au Nigéria. Comment expliquer ces chemins divergents?

Entre les années 1970s et 2000s, le Nigéria a reçu environ $400 milliards en revenus pétroliers. Cet argent n’a cependant pas fait son chemin en investissements ou en éducation ou encore en paiements de transfert à la population. Il a été subtilisé par les politiciens et fonctionnaires. Cette corruption endémique a été causée par une bureaucratie de type patrimoniale, qui n’a pas été réformée avant l’ouverture à la démocratie lors de l’indépendance du pays en 1960. L’une des barrières à toute réforme est que la population est divisée en plus de 250 communautés ethniques, qui n’arrivent pas à s’unir pour faire face aux élites corrompues et les évincer du pouvoir. Au contraire, chaque communauté tente d’obtenir la plus grande part possible des miettes restantes des revenus du pétrole, que les élites utilisent pour acheter le statu quo (i.e. clientélisme).

Avant le 20e siècle, l’Indonésie n’existait pas en tant que pays. Sous le règne du dictateur sanguinaire Suharto, le pays a développé une bureaucratie moderne et significativement augmenté l’accès à l’éducation. Lorsque le pays est revenu à la démocratie, il était en bien meilleure position d’un point de vue institutionnel. Fukuyama rappelle que de nombreux états modernes ont été forgés de manière autocratiques, souvent alors que ces pays faisaient face à de sévères menaces à leur sécurité nationale (Chine, Allemagne, Japon, France, etc). En revanche, quand la démocratie est introduite avant l’établissement d’une bureaucratie moderne, la qualité du gouvernement s’en ressent à la baisse (Grèce, Italie, États-Unis). L’exemple de l’Indonésie ne va pas sans rappeler celui du Chili

L’Amérique Latine et le Costa Rica
Pourquoi est-ce que des gouvernements modernes n’ont pas émergé d’Amérique Latine comme ce fut le cas en Europe? Selon Fukuyama, l’explication principale est que l’Amérique Latine n’a pas été impliquée dans des guerres inter-états, comme le furent la Chine, le Japon, la Prusse et la France, voire même les États-Unis (l’ère Progressive a été marquée de la Première Guerre Mondiale). Comme Fukuyama l’expliquait dans le premier volume, la guerre est un moteur d’expansion  et de modernisation du gouvernement.

Pourquoi le Costa Rica n’est pas devenu une « république de bananes » comme les autres pays similaires qui l’entourent? Ce pays est plutôt devenu une démocratie relativement bien gouvernée, bénéficiant d’industries exportatrices (Intel et Boston Scientific y ont des établissements) et d’un fort secteur de l’éco-tourisme. Le PIB par habitant y est de 2 à 4 fois plus élevés que ses voisins les plus proches. Pourtant, ce pays ne disposait pas de ressources naturelles importantes, ni d’un climat favorable, ni d’un historique politique porteur.

Ce pays fut très instable politiquement dans la première moitié du 20e siècle, ce qui mena à une guerre civile en 1948. Puis, le pays retourna à la démocratie et adopta une nouvelle constitution qui résultat en l’abolition de l’armée (qui est généralement un outil important pour les oligarques et les dictateurs). Ces changements institutionnels ont fait en sorte que ce pays n’a plus jamais vu émerger une oligarchie pouvant faire main basse sur le pouvoir politique et le manipuler à sa guise.

En Argentine, un pays qui avait tout pour réussir (ressources, démographie, climat, etc), le pouvoir a longtemps été concentré entre les mains d’une poignée de riches familles de propriétaires terriens. Suite à de nombreux bouleversements, un dénommé Juan Perron accéda au pouvoir grâce à un coup en 1943. Ce dernier allait mettre en place un système qui a depuis été maintes fois copié en Amérique Latine : le populisme.

Ce système politique consiste à s’engager dans des politiques sociales hautement redistributrices, lesquelles permettent de gagner des votes auprès des classes pauvres et ouvrières, mais qui sont économiquement désastreuses et insoutenables à long terme. Ces politiques incluent les transferts aux pauvres, les nationalisations, les expropriations, les tarifs douaniers, les quotas, la manipulation de la devise et la taxation excessive. Le pays est ensuite graduellement devenu un régime patrimonial dominé par le clientélisme et la corruption, une tendance qui s’accéléra sous le règne des Kirchner.

Le rôle du gouvernement
Selon Fukuyama, ce que l’on devrait s’attendre d’un gouvernement est la sécurité civile, la protection des droits de propriété, s’assurer de la disponibilité de services d’éducation et de santé et la construction d’infrastructures nécessaire à l’activité économique, surtout de fournir les fameux « biens publics », ce qui inclue un air de qualité, la défense nationale, le système légal et la protection de la santé publique et de la sécurité civile. Cependant, s’assurer que ces biens et services soient disponibles ne signifie pas pour autant que le gouvernement lui-même doivent les fournir directement. Fukuyama ajoute aussi la règlementation des externalités (comme la pollution de l’eau d’une rivière par une usine située en amont) et de l’asymétrie informationnelle (voir ceci). Et finalement, un filet de sécurité sociale pour les plus démunis.

La croissance économique : un moteur de changement institutionnel
La croissance économique résultant de la division du travail et de l’élargissement des marchés engendre de nouveaux groupes socio-économiques, qui en viennent à se mobiliser et à exiger de participer au système politique. C’est de cette manière que la croissance économique mène à la démocratie. Les grandes révolutions européennes de 1848 (le Printemps des Nations) ont été menées par des groupes issus de la classe moyenne, laquelle n’existait pas un siècle ou deux auparavant.

La croissance économique peut souvent être le point de départ d’une transition d’un gouvernement patrimonial ou clientéliste vers une bureaucratie moderne, sans toutefois garantir que ce soit toujours le cas. Cette transition est particulièrement difficile quand cette croissance économique ne résulte pas d’entrepreneurs répondants aux demandes du libre-marché, mais est plutôt dictée par des gouvernements qui tentent de promouvoir le développement économique selon leur vision. Cela explique pourquoi tant de pays émergents n’ont pas réussi à établir une gouvernement moderne et une démocratie vibrante.

Conclusion
Impossible de dresser un résumé exhaustif de cet ouvrage tellement riche sans que ce billet ne devienne beaucoup trop long (il l’est possiblement déjà…).

Cependant, je pense que Fukuyama dresse un portrait intéressant du système politique Américain, l’utilisant comme exemple de déclin institutionnel résultant de la repatrimonialisation du gouvernement. Il permet de comprendre les failles de ce système, qui sont en train de plonger ce pays dans le chaos à l’heure actuelle et où rien ne semble pouvoir être accompli efficacement par la classe politique.

Les comparaisons entre Grèce/Italie et Allemagne, ou entre Tanzanie et Kenya, ou encore entre Nigéria et Indonésie nous permettent de mieux comprendre sa vision des choses et évoquent des concepts essentiels en ce qui concerne le développement économique.

J’apprécie particulièrement le scepticisme de Fukuyama envers la démocratie et qui non seulement ne doit pas décider de tout, mais ne doit pas non plus arriver trop tôt dans le développement d’un pays, qui doit d’abord développer une bureaucratie moderne, établir l’état de droit protégeant les droits de propriété privée, ce qui mènera à la croissance économique, puis à l’émergence d’une classe moyenne incluant des entrepreneurs, lesquels exigeront la transition vers la démocratie. Le non-respect de cet itinéraire cause généralement de graves problèmes institutionnels.

En ce sens, cet ouvrage constitue un apport essentiel à la compréhension du développement économique et la mise en place d’institutions politiques efficaces et durables. Espérons qu’il tombera entre les mains de certaines personnes impliquées dans le Consensus de Washington

La réflexion du jour

Pardonnez un petit moment de frustration, mais ça fera oeuvre utile dans vos relations avec l'État. Parce que l'État, ce n'est pas que les politiciens. Ce sont les milliers de fonctionnaires payés avec nos impôts et qui sont là pour nous servir. Pour caricaturer un peu, on peut dire que nous sommes leurs patrons parce que c'est de nos poches que viennent leurs chèques de paie.---Gilbert Lavoie