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11 décembre, 2017

La réflexion du jour

Toutes ces manœuvres visant à réparer ce qui n’est pas brisé sont accomplies avec notre argent. Le président de Bonjour-santé y a vu à juste titre une « expropriation » de son marché par l’État.--- Patrick Déry

09 décembre, 2017

La réflexion du jour

Il serait temps de remettre en question nos façons de faire, par exemple en diminuant la bureaucratie, en augmentant la concurrence et en donnant une plus grande liberté de choix aux parents.--- Germain Belzile

08 décembre, 2017

La réflexion du jour

Décidément, quand vient le temps d’aller en chercher un peu plus dans vos poches, les politiciens ne manquent pas d’idées. En Europe, une politicienne a suggéré, l’an dernier, de « taxer les robots ». La logique est la suivante : si les robots remplacent de plus en plus de travailleurs dans l’avenir, il faudra imposer le travail de ces robots un peu comme on impose le salaire des travailleurs, afin de ne pas diminuer les recettes de l’État.--- David Descôteaux

07 décembre, 2017

La réflexion du jour

En fait, personne ne sait vraiment ce que mijotent, du lundi au vendredi..., les milliers de supposés «organismes communautaires» pendant que la majorité silencieuse travaille à payer son dû à l’État. Ça devrait intéresser la Vérificatrice générale. Peut-être se rendrait-elle compte que le ministère de l’Emploi et de la solidarité sociale, le guichet central du BS, ne sait pas, lui non plus, ce qu’il advient de ses millions.--- Michel Hébert

06 décembre, 2017

« La Gauche, la Droite et le marché » de David Spector

Pourquoi la Gauche et la Droite ont un problème avec le marché, en France. Un ouvrage passionnant qui permet de mieux comprendre les origines d’un état d’esprit français bien spécifique.

À travers cet ouvrage, David Spector, chercheur au CNRS et spécialiste des questions de concurrence, dresse un panorama éloquent des clichés à l’égard du marché, notamment en France, où il existe une réticence spécifique à l’égard de la concurrence et des mécanismes du marché.
Citations de politiques à l’appui, il montre qu’il existe aussi « jusqu’à la caricature, une convergence entre un antilibéralisme de droite, mû par la défense ponctuelle d’intérêts bien compris, et un antilibéralisme de gauche rétif au marché par principe ».
Qu’il s’agisse de politiques « égalitaires », comme dans le cas de l’encadrement des loyers par exemple, « neutres » comme dans celui du couplage des aides en matière agricole ou du refus du péage urbain, ou « inégalitaires » à l’image de l’opposition à la réforme des notaires, des lois Uber et Amazon, ou encore de la loi Galland sur les relations commerciales dans la grande distribution, entre autres exemples, ce qui semble motiver davantage les politiques qu’une recherche même de l’égalité par la gauche, est le caractère antilibéral de ces décisions, mues par de fortes réticences à l’égard du marché, plus qu’à toute autre considération.
Si l’hostilité au marché existe aussi dans d’autres pays ou y a pris des formes évidentes à certaines époques, l’auteur montre que le cas français se distingue par un caractère dogmatique particulièrement prononcé, allant au-delà des seules positions égalitaristes ou étatistes. Là où les pays voisins peuvent, eux aussi, défendre des politiques dites « de gauche » et rechercher une certaine égalité, l’hostilité au marché n’y occupe pas le caractère d’évidence qu’il peut revêtir ici.
C’est pourquoi il existe un « libéralisme de gauche » en Grande-Bretagne et aux États-Unis notamment, à la fois égalitariste (notamment sur le plan fiscal) et favorable à la concurrence. Le libre-marché et la concurrence y sont considérés, depuis la moitié du XIXème siècle, comme des garde-fous contre  « l’égoïsme » de l’aristocratie foncière et les marchés protégés. Ce qui n’empêche pas des interventions dites correctrices, pour tenter en particulier de diminuer les inégalités.

LE « LIBÉRALISME DE GAUCHE »

On comprend bien, de fait, que l’auteur tente de promouvoir, à travers son ouvrage, l’émergence d’un libéralisme dit « de gauche » (l’ouvrage date de mars 2017, donc avant l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir).
Et il émet l’idée qu’avec ses combats d’arrière-garde, la France s’interdit de peser dans les débats européens « plus importants », comme « l’harmonisation fiscale et la coordination des politiques économiques » (point qu’on n’est pas obligé d’approuver, mais qui permet en tous les cas de bien saisir de quelles idées se réclament ceux qui s’affirment comme étant des tenants du « libéralisme de gauche »).

Certes, les fidèles lecteurs de Contrepoints objecteront que le libéralisme n’est pas de droite ou de gauche et est incompatible par essence avec les visées interventionnistes telles que les souhaite David Spector.
L’auteur se montre, par ailleurs, très dur à l’égard de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, accusés purement et simplement d’avoir « mené une véritable guerre aux pauvres ». Une affirmation pleine d’excès et extrêmement caricaturale, en début d’ouvrage, qui a failli m’en faire abandonner la lecture. Lui-même ne dénonce-t-il pas, au fil de son livre, des positions parfaitement excessives et infondées, à l’image d’un Louis Blanc, dont il dit qu’il qualifiait la concurrence de « système d’extermination du peuple » ?
De fait, la définition du libéralisme telle que semble l’entendre David Spector se limiterait à l’aptitude à être favorable au libre-échange, à la concurrence et au marché. Et le libéralisme de gauche consisterait à prévoir des interventions pour en corriger les limites ou les excès, dès lors qu’elles apparaissent nécessaires, par le recours à une action étatique de « pilotage macroéconomique » et de redistribution des revenus, censée « concilier progrès social et efficacité ».
Des positions que j’aurais, personnellement, plutôt jugées d’inspiration keynésienne, mais je me trompe sans doute… (ou peut-être John Maynard Keynes lui-même était-il ce que l’on appelle un « libéral de gauche »). David Spector semble d’ailleurs se réclamer d’économistes comme Paul Krugman, qualifié de véritable « conscience de la gauche américaine ».

UN PASSIONNANT OUVRAGE D’HISTOIRE ÉCONOMIQUE

Mais, même si la position caricaturale, intolérante et sans nuance à l’égard de Ronald Reagan et Margaret Thatcher m’a profondément gêné, de la part d’un auteur qui me paraissait pourtant à première vue rigoureux et nuancé, l’ouvrage m’a paru malgré tout très intéressant du point de vue de l’histoire des idées économiques et de la remise an cause des idées parfois très primaires, tant à droite qu’à gauche, dans notre pays, allant à l’encontre du marché, de la concurrence et du libre-échange.
C’est ainsi que, dans une narration véritablement passionnante, l’auteur commence par nous présenter, dans une première partie consacrée à l’économie politique dans le monde anglophone, le contexte du renforcement des Corn laws en Angleterre en 1815, à la fin des guerres napoléoniennes, jusqu’à leur abolition en 1846. C’est à cette époque qu’émergent les théories de David Ricardo, ou encore de James et John Stuart Mill au sujet du commerce international, puis les actions de la Anti-Corn Law League menée par Richard Cobden et John Bright.
David Spector rend ainsi, au passage, justice aux libéraux (y compris ceux qu’il exècre) lorsqu’il écrit :
Dès son origine, la pensée économique libérale distingue la défense du marché de l’apologie de l’entrepreneur ; ou, pour reprendre la distinction de Rajan et Zingales, la défense du capitalisme et celle des capitalistes.
Tout à fait en ligne avec ce que de nombreux articles montrent, ici, lorsqu’il s’agit de dénoncer un « État de connivence » contre lequel les libéraux (et pas seulement de gauche) s’inscrivent en faux.
Pour le reste, David Spector dresse surtout l’éloge de John Stuart Mill, véritable fondateur, selon lui, d’un courant libéral de gauche à la fois favorable à la concurrence et au marché, mais aussi à une action publique visant la réduction des inégalités. Une réponse argumentée aux premiers socialistes, opposés au marché et aux économistes, accusés d’être les ennemis des pauvres.
Dès le début, on voit poindre le rôle de l’aristocratie foncière, dont on comprend clairement l’intérêt à défendre des positions protectionnistes. Ce qui amènera le mouvement ouvrier à évoluer dans les siennes, sous l’influence d’une gauche finalement ralliée au libre-échange en 1900 et de la théorie de la rente de Ricardo, qui rencontre un fort écho en Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis.
La révolution marginaliste et la vive influence de la synthèse d’Alfred Marshall à travers ses Principes d’économie politique vont marquer durablement les esprits, débouchant sur une nouvelle théorie de la valeur, une nouvelle analyse de la concurrence et de nouvelles analyses de l’incidence fiscale.
Mais c’est surtout ensuite les travaux d’Edgeworth et plus encore de Pigou qui vont inspirer le libéralisme de gauche décrit par David Spector, à travers l’action publique appuyée sur les signaux de marché, en particulier l’analyse en termes d’externalités (positives et négatives), loin des controverses politiques.

LIBRE-ÉCHANGE ET PROTECTIONNISME

Dans une deuxième partie intitulée « les enjeux politiques de la loi de l’offre et de la demande en France », David Spector s’intéresse en particulier à l’ambiguïté de la gauche face au libre-échange.
L’occasion de retracer l’histoire de l’émergence de la culture protectionniste en France et de mieux percevoir les raisons qui ont abouti, très tôt, dès la moitié du XIXème siècle, à ce que la France soit plutôt protectionniste et la Grande-Bretagne plutôt libre-échangiste.
Les socialistes, initialement libre-échangistes, évoluent en effet vers le protectionnisme jusqu’à s’accorder dans les années 1840 avec les industriels et les propriétaires fonciers menacés par les producteurs étrangers, au nom d’une hostilité générale au principe de la concurrence.
Et on comprend bien comment, non seulement cette différence d’approche entre Français et Britanniques est liée à la différence de structure de l’Économie (grand nombre de petits paysans propriétaires en France, notamment, contre grand nombre d’ouvriers hostiles au protectionnisme agricole qui risque de renchérir le pain, en Grande-Bretagne), mais aussi aux idées (alors que le protectionnisme était plutôt du côté de la droite traditionnellement).
La gauche française oscille entre l’opposition au protectionnisme au nom des intérêts des plus pauvres, et l’idée qu’il existe une affinité intellectuelle entre protectionnisme et socialisme, fondée sur le refus du laisser-faire et la demande d’une intervention de l’Etat dans la vie économique.
Et c’et justement sur ce point que les choses deviennent très politiques. Les contradictions permanentes d’un Jean Jaurès, parfaitement bien mises en évidences par la narration, permettent de mieux comprendre comment les socialistes penchent finalement clairement en faveur du protectionnisme, pour d’évidentes raisons purement politiques.
Là où la droite, à l’image d’un Adolphe Thiers hostile tout autant  aux socialistes qu’ aux raisonnements « abstraits » des économistes, se montre constant dans la défense du protectionnisme, à l’instar d’un patronat conservateur, qui éprouve moins de complexes à assumer des positions opportunistes mues par ses seuls intérêts, ou encore la gauche radicale qui est, par essence, résolument contre la concurrence, l’économie politique et le libre-échange.
Pour beaucoup de socialistes, la critique de l’ordre social paraît incompatible avec la défense du libre-échange : comment un socialiste pourrait-il refuser l’ingérence de l’État dans les échanges internationaux s’il réclame son intervention pour corriger les injustices nées du libre jeu du marché ? Ce contraste est à l’opposé de celui qui structure les discours à droite, où on justifie le libre-échange par des principes généraux, et la protection par une démarche pragmatique, méfiante à l’égard des raisonnements abstraits.
Seuls, en fin de compte, ou quasiment, des économistes tels que Yves GuyotLéon Say, le banquier Édouard Aynard, ou encore le directeur du Journal des économistesGustave de Molinari, se posent en ardents défenseurs du libre-échange, à la Chambre des députés et dans la presse. Mais ces auteurs ne trouvent nullement grâce aux yeux de David Spector, pas plus que Paul Leroy-Beaulieu un peu plus loin d’ailleurs, puisque celui-ci les traite purement et simplement d’extrémistes et de caricaturaux, allant jusqu’à leur reprocher d’avoir induit, par réaction, une affinité profonde entre protectionnisme et socialisme.

David Spector
David Spector

Il leur préfère, de loin, l’alliance des libéraux et socialistes en Grande-Bretagne, par exemple sous le gouvernement d’un Lloyd George, où les concessions des uns et des autres aboutissent à la fois au libre-échange et aux réformes sociales.
Arrivé à 1900, on peut dire que le libre-échange l’a durablement emporté en Grande-Bretagne, tandis que la gauche française est clairement la moins libre-échangiste d’Europe et que la Troisième République verse de plus en plus dans le protectionnisme (à rebours de Napoléon III, qui avait signé en 1860 un traité de libre-échange avec la Grande-Bretagne). Ce qui aura des conséquences sur la modernisation qui, selon les dires du Général de Gaulle lui-même, a pris ce faisant un retard préoccupant, l’Économie française évoluant peu, à l’abri de la protection.

LE REJET FRANÇAIS DE L’HOMO OECONOMICUS

David Spector montre ensuite comment, en France spécifiquement, le rejet du marché et de l’Homo oeconomicus sont forts. De la part aussi bien des protectionnistes, libéraux (concept d’homo oeconomicus, mais bien sûr pas marché), sociologues (Auguste ComteEmile Durkheim, plus tard Pierre Bourdieu) et juristes proches de l’école historique allemande (dont les idées s’imposent à l’Université dès lors que l’enseignement économique devient obligatoire dans les facultés de droit en 1877), que des solidaristes de centre gauche, à l’image d’Alfred Fouillée, hostiles à la concurrence.
David Spector défend, à l’inverse, une nouvelle fois l’approche « libérale de gauche (…) nourrie par l’analyse économique, qui privilégie une action publique reposant sur le signal-prix susceptible d’influencer les comportements, plutôt que sur un contrôle direct ». Et il étripe en passant, de nouveau, les raisonnements de ceux qu’il se complait à appeler les « ultra-libéraux », à qui il dénie le caractère scientifique de l’approche, préférant les qualifier de simples « militants », leur reprochant en particulier leur méfiance à l’égard de la modélisation mathématique « parce qu’elle impose une rigueur logique qui force à nuancer les affirmations péremptoires dont ils sont coutumiers ».
Ceux qui trouvent grâce à ses yeux sont plutôt Jules Dupuit, en tant que précurseur du marginalismeAugustin Cournot, dont les raisonnements préfigurent la future théorie des jeux, et surtout Léon Walras, le génial concepteur de la théorie de l’équilibre général.
David Spector s’appuie ensuite sur l’exemple de la loi ALUR de 2014 relative à l’encadrement des loyers en France (ou loi Duflot) pour montrer l’incidence que peut avoir l’interventionnisme socialiste hostile au marché et à la loi de l’offre et de la demande en matière de logement.
Si la démonstration sur les effets pervers entraînés, appuyée qui plus est sur les expériences concrètes de New York et du Massachussetts,  est convaincante (effet de rationnement, hausse des durées de location et paralysie du marché, inadéquation accrue entre le logement désiré et celui loué, baisse de la qualité des logements en raison de leur moindre entretien, report d’une partie de la demande vers les logements non régulés dont les loyers augmentent, risque de montée des discriminations, etc.), l’auteur énumère ensuite une série de mesures dans l’esprit du libéralisme de gauche qui ont pu servir d’inspiration, depuis, au gouvernement Philippe : taxation de la richesse foncière, stimulation de l’offre, remise en cause partielle des aides au logement.
Sur ce dernier point, se livrant à une analyse marshallienne, David Spector montre ce qu’Emmanuel Macron et le gouvernement Philippe mettent en avant à juste titre : que dans une situation d’offre inélastique, liée aux limites physiques et réglementaires de l’augmentation de l’offre de logements sociaux, les aides bénéficient de manière indirecte aux propriétaires, en faisant augmenter les loyers (« les aides diminuent le coût réel du logement pour les locataires, ce qui augmente leur demande. Si l’offre ne peut pas augmenter, le déséquilibre induit ne peut être résorbé que par une augmentation des loyers qui ramène la demande à son niveau initial »). Affirmation confirmée par des études empiriques portant sur la période 1973-2002 et après, confirmée par des observations dans d’autres pays qui ont connu ce type de dispositif.

LA CONCURRENCE EST-ELLE DE GAUCHE OU DE DROITE ?

Tel est le titre de la dernière partie du livre. David Spector commence par y revenir sur le droit de la concurrence, en remontant aux premières lois anti-trusts aux États-Unis, suite aux grands mouvements d’ententes et de concentrations au moment de l’essor industriel qui a suivi la guerre de Sécession, qui ont abouti entre autres au démantèlement d’un grand groupe comme la Standard Oil. Lois qui ont été assouplies dans les années Reagan et Bush, sous l’influence des critiques d’universitaires et juges de Chicago (Richard Posner et Robert Bork), déplorant la tendance excessive de la jurisprudence à attribuer trop systématiquement aux grandes entreprises des stratégies d’éviction des concurrents, sans en examiner suffisamment les fondements.
Avant que de nouvelles réflexions fondées sur la théorie des jeux et les asymétries d’information ne viennent transformer de nouveau le droit de la concurrence, devenu plus complexe, justifiant une politique de concurrence « active ».
Mais l’auteur montre surtout que l’analyse économique seule n’entre pas en jeu. L’influence politique y est non négligeable, le droit de la concurrence étant plus dur sous les mandats démocrates, jugés plus « progressistes » en la matière, que républicains, accusés parfois de laxisme par leurs opposants.
Il n’en reste pas moins, et l’auteur le montre à travers l’évolution des théories économiques et des études empiriques qui le valident, que la concurrence est un facteur essentiel d’accroissement de la productivité, de stimulation de l’innovation (via notamment la destruction créatrice) et d’efficacité économique.
Suivent des pages passionnantes sur les grands débats qui ont agrémenté le XIXème siècle, puis leur évolution dans le temps jusqu’à aujourd’hui, études empiriques à l’appui : le dilemme des socialistes au sujet de l’antinomie de la concurrence, les tentatives de réponses par la rationalisation et la régularisation (économies d’échelle, concentrations, …), l’opposition entre bonnes et mauvaises ententes, le débat sur les cartels, le rôle positif ou négatif de l’intervention de l’État, les monopoles naturels, les positions avisées d’Alfred Marshall contre les clichés de la concurrence impossible, les fausses croyances des protectionnistes quant aux effets de la concurrence qui augmenterait les inégalités (fausses lorsqu’on considère les effets en termes d’équilibre général).
Autant de questions passionnantes que je n’évoquerai pas en détail ici, de manière à ne pas allonger encore la longueur de cet article (mais qui doivent encourager à lire le livre).
Pour ce qui concerne le cas de la France, après l’abolition des corporations (Turgot dans un premier temps en 1774, puis le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier en 1791), ce sont les comptoirs (surtout à partir de la dépression qui commence en 1873), qui constituent les nouvelles formes d’entente (et les consortiums durant la Première guerre mondiale). Les socialistes et radicaux oscillent alors entre combat contre les ententes et buts révolutionnaires (la concentration, qui doit mener progressivement au monopole, puis à la nationalisation).
Les économistes libéraux, en revanche, présentent une certaine singularité, nous dit l’auteur, l’État étant selon eux la source de tous les maux et les mesures contre les ententes n’étant ni nécessaires, ni efficaces à leurs yeux.
Mais peu à peu se profile la fin du délit de coalition, sous prétexte de rationalisation de la production, par le jeu des intérêts communs, même si opposés, entre patronat et certains radicaux de gauche. Paradoxalement, à part certains centristes de gauche, minoritaires, ce sont les communistes qui s’opposent le plus à ces ententes, bien que pourtant opposés au principe de la concurrence.
Partout, États-Unis, France, Allemagne, et même en partie Grande-Bretagne avec l’arrivée de la crise et de la déflation (Keynes lui-même se prononce alors en faveur des cartels, même si sa position est minoritaire chez les universitaires et qu’il évoluera sur cette question par la suite), les années 1920 constituent l’heure de gloire des ententes.
Finalement, passé le choc des années 1920 et la perte de confiance en les mécanismes de marché, ce sont trois approches nationales différentes qui vont prévaloir au niveau de la politique européenne, les positions des uns et des autres évoluant parfois de manière assez radicale.
Et après la Seconde Guerre mondiale, on assiste au retour en grâce de la concurrence, sous l’influence à la fois des États-Unis et en lien avec l’intégration économique de l’Europe.Même si la France demeure plus antilibérale que l’Allemagne et la Grande-Bretagne.
Cette dernière, après la parenthèse des années 1970 puis les années Thatcher, trouvera en Tony Blair et le courant socialiste libéral le continuateur de la tradition qui va de Mill, puis Marshall et Clark aux idées néo-classiques et Keynes, Hicks ou Meade.
Quant à l’Allemagne, en particulier après l’épisode nazi et la collusion avec les cartels, elle tourne la page en s’en remettant aux idées de l’ordolibéralisme, favorable à l’entreprise privée et à l’intervention de l’État pour garantir le bon fonctionnement de la concurrence, auquel adhèrent y compris les sociaux-démocrates, qui se distinguent ainsi du libéralisme de gauche anglo-américain sur les questions macroéconomiques et des prescriptions keynésiennes, la relance monétaire nazie leur ayant laissé un mauvais souvenir, lui préférant désormais la règle de l’équilibre budgétaire et de la stabilité des prix.
Reste la France, dont on connaît le programme dirigiste d’après-guerre, à travers les nationalisations, le contrôle des prix, le rôle central de l’État, le Plan, le contrôle de l’activité des banques. Un tournant libéral a toutefois lieu en 1948, permettant tout au moins d’atténuer les effets désastreux de la politique engagée. Et les politiques publiques, qui demeurent, sont davantage tournées vers l’expansion.
Ce n’est, finalement, qu’à l’instauration du Marché Commun que l’on doit la véritable entrée de l’économie française dans un régime concurrentiel, en particulier lors de l’entrée en vigueur du plan Pinay-Rueff.
Mais la libéralisation de l’économie française prendra beaucoup de temps, malgré l’ensemble des rapports à la suite de celui d’Armand-Rueff, restés la plupart du temps sans effet à court-terme, comme on le sait, face aux nombreuses embuches et à une hostilité particulière au marché et à la concurrence dans notre pays, dont David Spector nous rappelle la teneur de manière assez détaillée, tout en montrant comment les gouvernements français successifs se singularisent dans les instances européennes en manifestant des positions peu favorables aux mécanismes de marché, les capitaines d’industrie n’étant pas les derniers à encourager les politiques à aller en ce sens, retardant constamment l’ouverture à la concurrence dans la plupart des secteurs (PAC, marché de l’électricité, transport ferroviaire, etc.), nuisant ainsi à l’efficacité économique et entraînant derrière eux un certain nombre d’autres pays.

UN ANTILIBÉRALISME CONSTERNANT

Un ouvrage passionnant, donc, malgré les petites réserves dont j’ai pu faire état et qui met particulièrement bien en lumière cette spécificité française de l’aversion aux mécanismes de marché qui, hélas, dure. Au grand dépit de David Spector, qui conclut :
De fait, on est parfois saisi de vertige devant la similarité de certains discours déployés contre la concurrence ou « les économistes » à la fin du XIXème siècle et aujourd’hui, ou par la répétition de certaines configurations politiques – en particulier celle qui voit converger un antilibéralisme d’idées, à gauche, et un antilibéralisme d’intérêts, à droite.

La réflexion du jour

"Il n'y a qu'au Québec où les choses suivantes sont considérées comme des mauvaises nouvelles :
 1- Trouver du pétrole
 2- Baisser les taxes et impôts
 3- Questionner la pertinence de la gestion de l'offre." (Marc-André Lord) via Germain Belzile

05 décembre, 2017

La réflexion du jour

Le gouvernement aime envoyer le message voulant qu’il ait le bien-être des citoyens à cœur. Mais ne soyons pas dupes : ce qu’il aime avant tout, ce sont les énormes entrées fiscales que l’industrie du vice lui rapporte. Au point de commencer à vendre de la drogue.--- Jasmin Guénette

04 décembre, 2017

La réflexion du jour

Le Québec va recevoir cette année du gouvernement fédéral la somme de 11 milliards de dollars à titre de péréquation. Si le Québec reçoit tant de péréquation, c’est parce qu’on fait partie des cinq provinces « pauvres » dont la capacité fiscale par habitant tire de la patte par rapport à la moyenne canadienne.--- Michel Girard

02 décembre, 2017

La réflexion du jour

Le ministère de l’Éducation, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, mesure sa réussite à l’effort – l’argent dépensé – plutôt qu’au résultat. Dans les faits, il est probable que la population ne saura jamais vraiment dans quel but cet argent sera dépensé et s’il aura vraiment eu un impact positif à long terme.---Marc-Nicolas Kobrynsky

01 décembre, 2017

La réflexion du jour

Des anarchistes d’extrême-gauche qui s’en prennent aux structures, aux biens matériels et aux individus avec lesquels ils ne sont pas d’accord. Ils mettent le feu, frappent des gens, vandalisent la propriété privée. Impunément. Parce que leur cause est «noble».--- Nicolas Lacroix

30 novembre, 2017

La réflexion du jour

Si l’on considère tous les paliers de gouvernement, la facture fiscale engloutit 46,7 % du revenu des ménages. Cela signifie que si nous devions payer tous nos impôts en un seul versement, il nous faudrait travailler du 1er janvier au 21 juin. Et pour comble, le fardeau fiscal est le poste de dépenses qui a le plus augmenté depuis 1961. Il a enregistré une hausse de 2106 % alors que les prix ont grimpé de 718 %.--- Nathalie Elgrably-Lévy

29 novembre, 2017

Faut-il séparer l'école de l'État?

"Faut-il séparer l’école de l’Etat ?" conférence donnée par Damien Theillier lors du 7ème Weekend de la Liberté. Nous partirons du constat suivant : notre système scolaire entretien une atmosphère culturelle méfiante voire hostile à l’idée d’un ordre social fondé sur des individus libres et responsables et des mécanismes de marché. Mais d’où provient ce conformisme éducatif ? Frédéric Bastiat a cerné brillamment les impasses du système éducatif français. En fonctionnant selon la logique de monopole, l’éducation nationale neutralise les singularités individuelles. Sa structure entrave l’expression des multiples aspirations qui cherchent à coexister dans le corps social et ne parvient pas à faire coïncider les formations avec les besoins des populations. Dans cette conférence, nous verrons que deux types d’arguments plaident en faveur de la séparation de l’école et de l’Etat. Des arguments économiques, d’ordre utilitaires, et des arguments philosophiques, d’ordre éthiques et politiques. Damien Theillier, professeur de philosophie, fondateur de l’Institut Coppet et président de l’Ecole de la Liberté, une école numérique tournée vers l’enseignement des principes libéraux dans les sciences humaines.

La réflexion du jour

D’abord, soyons clairs : depuis 2014, le gouvernement Couillard n’a jamais réduit ses dépenses. Il n’a jamais réduit non plus les budgets des ministères offrant des services sensibles, comme la santé et l’éducation. Vérifiez les colonnes de chiffres : d’une année à l’autre, les budgets ont augmenté.--- Mario Dumont

28 novembre, 2017

La réflexion du jour

La question qu’il faut maintenant se poser est : combien de programmes sociaux se sont ainsi transformés en « programme d’emploi pour fonctionnaires » au fil des ans? Difficile à répondre, mais pour le simple contribuable, ça devient un jeu de pile ou face impossible à gagner. Si c’est pile, le contribuable perd; si c’est face, la bureaucratie gagne. Ainsi va la vie qui va, comme le chante si bien Jean Leloup. Et ainsi paie le contribuable.--- Jasmin Guénette

27 novembre, 2017

Le racisme inversé, mais pourquoi faire ?


Par Louise V. Labrecque



On les voit partout : dans les universités, dans les milieux communautaires, dans la rue. Ce sont  les bien-pensants antifacistes, ceux-là accusant l’homme blanc occidental contemporain de tous les maux. Afin de tenter de comprendre un peu mieux ce phénomène fascinant, partons du postulat préféré de nos bien pensants : «  L’homme d’aujourd’hui vit dans la peur « (lire : la peur de l’autre). Ainsi, ce n’est pas l’Autre qui a peur de nous, c’est nous qui avons peur de lui.  Bien ! Alors, pourquoi chercher à régler les problèmes de ces pays totalitaires avant de vouloir régler ceux des autres ? N’avez-vous donc pas, vous aussi, l’impression que ces débats et ces articles prennent trop de place et de temps ? Certains arrivent même à en vivre…  ! Et si tout cela cachait une réalité plus insidieuse ? La peur : pourquoi donc s’y complaire ainsi ? L’homme d’aujourd’hui vit dedans souvent par procuration, par transitivité et alors, pourquoi la peur de l’autre ne le ramène t’il donc pas à lui-même, une bonne fois pour toute ?  Mais, bien sûr, pour ce faire, nous devons alors tous porter le chapeau de l’homme blanc, celui-là qui se pose et s’impose, bien souvent malgré lui, celui qui s’excuse de s’excuser;  mais de quoi sommes-nous donc coupable, au juste ? Est-ce notre faute d’être nés ainsi libres et jouissants de tous les luxes, toutes les libertés, tous les conforts d’une société juste et généreuse ?  Pauvres aveugles condescendants que nous sommes, il faudrait redescendre un peu sur Terre et arrêter de regarder les autres pays de haut,  nous qui sommes tellement évolués, nous qui sommes surendettés, parfois aussi par les banques privées. Souvenons-nous du temps où nous étions sous la gouverne de l’Église, on ne valait guère mieux que les musulmans, et les croisades ont bel et bien existées; ouvrons les yeux, la dictature dont ils souffrent actuellement, nous l’avons connue dans le passé.  Et c’est quoi «  être musulman », vous définiriez ça comment, très exactement ? Certains diront «  oui, c’est ça «, mais toi, mon bien-pensant préféré, tu en dis quoi ? Et aux femmes laïques tunisiennes, aux femmes libres et mortes, on leur dit quoi ? Puisque vous êtes femmes, acceptez donc les déterminismes religieux, rentrez dans le rang et fermez-la ?


En fait, l’hypocrisie de la démarche, laquelle suinte de toutes parts, n’est pas tellement originale,  tant elle est observable partout, exponentielle dès lors que s’ouvrent à grandes portes les visages désespérés des peuples déchus, répandus désormais partout, tellement que oui, ce sont nous,  les racistes, nous,  les québécois, un peuple bon et accueillant au-delà de tout, tolérant au-delà de la tolérance même;  peu importe :  les ennemis de nos ennemis sont nos amis parce que nous sommes peut-être bien le seul peuple de la Terre à ne pas en  avoir, d’ennemis.  Connaissez-vous un peuple plus gentil, plus paisible, que les québécois ? En effet, nous ne diabolisons personne, car  les québécois ne sont pas manichéens, ils ne raisonnent pas en ces termes de croyances aveugles, mais dans le respect des lois, et avec un dynamisme formidable afin de s’en dépêtrer, ayant fait table rase d’un passé religieux pas si lointain.  Alors, partant de ce fait, que les bien-pensants ne viennent pas nous faire croire que nous avons un milliard d’années de retard  en matière de spiritualité, ou même de moralité. Ces nouveaux curés, en nous disant de devoir nous sauver contre nous-mêmes, font du racisme inversé, ce qui est insultant pour la majorité des personnes intelligentes. En fait, c’est comme une grande propagande,  pour ne pas dire un crime pur et simple.  De la même manière, en décidant d’accueillir à bras ouvert tous les peuples de la Terre,  tous, sans exception, nous avons fait la preuve que nous sommes parfois bien naïfs.  En fait, c’est honteux de lire et d’entendre les propos des bien-pensants ; un moment, c’est une version, et ensuite une autre.  Vous rendez-vous compte que vous comparez l’homme blanc occidental privilégié aux pires totalitaristes de l’Humanité ? Il y a quand-même des limites à se nier;  ne voyez-vous pas où le bât blesse ? Avez-vous à ce point une poutre dans l’œil à ne pas y voir le brin de paille dans l’œil du voisin ? Voulez-vous que je vous dise à quel point j’ai honte lorsque je vous entends parler de mondialisation ? Vous adoptez un ton si froid,  si dépassionné, et pour tout dire, dogmatique et calculateur, sur la présente question. Or, comble de tout, vous êtes souvent parmi mes compatriotes, québécoises et québécois de souche, vous aussi, comme moi, et comble de tout : nous travaillons souvent sur les mêmes dossiers, au cœur des mêmes enjeux !  Mais de quoi vous sentez-vous à ce point lâches et/ou coupables ? Ce papier, bien humblement, tente non pas de mettre de la pression sur tel ou de tel, mais d’allonger le discours initial des bien-pensants, celui dont tout le monde connait,  afin de détailler un peu mieux l’enjeu, pour une meilleure compréhension en amont, et tenter d’approcher, si possible, la réalité historique vers un espoir de réconciliation. Pour cela, d’abord, il faudrait pouvoir reconnaître que  le communautarisme est l’ennemi de l’égalité. Or, le dogme de tous les groupes extrémistes actuels est gravissime,  car il est devenu impossible à réfuter, à critiquer, sous peine de se voir traiter de racistes, et ce n’est pas chic : avec ce discours vulgaire, ces insultes et ces menaces.  Trop, c’est trop ! Nous n’avons ni parti pris, ni intérêt, mais voilà que nous devons nous excuser de nous  sentir trop souvent de trop chez nous, dans notre propre pays ? C’est pourquoi la réalité embrasse désormais cette société de discours fleurant bon la complaisance crasse: nous ne sommes plus chez nous, dans ces déplorables conditions. C’est d’une tristesse… !  Et on ne pourra pas dire «  on ne savait pas «.  

La réflexion du jour

On mettrait cinq milliards ou le double en impôts de plus dans la chaudière, ça ne changerait rien aux problèmes archi connus. Le modèle construit au fil des décennies est disfonctionnel, encroûté, peu exigeant et allergique à la performance... Alors mille dollars, c’est mille dollars à prendre pour soi. Il faut être idiot, envieux ou ventriloque du politburo pour souhaiter ne pas l’avoir dans ses poches...--- Michel Hébert

25 novembre, 2017

La réflexion du jour

Mais non. Il fallait créer un réseau parallèle juste pour la vente de pot. Louer des locaux. Les éclairer. Les chauffer. Les décorer. Embaucher du personnel syndiqué. Former les employés. Et créer une belle superstructure, qui va « chapeauter » ce nouveau réseau. C’est le Québec dans toute sa splendeur. Plus de bureaux, plus de locaux, plus de fonctionnaires, plus de superviseurs, plus de cases dans l’organigramme.--- Richard Martineau

24 novembre, 2017

La réflexion du jour

Si on considère le taux marginal implicite d’imposition, soit le taux « réel » d’impôt payé pour chaque dollar supplémentaire gagné, c’est encore pire. En tenant compte de la perte de différents crédits ou prestations, ce taux peut dépasser 70, 80 et même 90 % dans certains cas. Cela fait dire aux professeurs Laferrière et Montreuil, du Centre québécois de formation sur la fiscalité (CQFF) qu’« il ne s’agit plus d’imposition mais de confiscation, presque de l’extorsion ». D’ailleurs, il n’est pas question ici de millionnaires, mais de familles ayant des revenus de moins de 50 000 $.--- Patrick Déry

23 novembre, 2017

La réflexion du jour

Quant à l’aspect purement politique, peut-on SVP cesser d’utiliser le mot « cadeau » en parlant de baisses d’impôt ? Un cadeau est une chose que JE paye et que je décide de DONNER à quelqu’un. L’impôt c’est NOTRE argent, le fruit de NOTRE travail que nous remettons au gouvernement pour des dépenses liées à une vie collective.--- Mario Dumont

22 novembre, 2017

L’écologie aujourd’hui : lobby ou religion ?


La COP23 se termine : l’occasion de revenir sur la politique écologiste en France. On ne pourra pas dire que les moyens sont insuffisants.

Un article d’Emploi 2017
La COP23 se termine et les écolos vont se plaindre, comme chaque fois, de ne pas avoir été écoutés ! Et pourtant, jamais une telle masse de moyens n’a probablement été dépensée pour une cause certes intéressante mais qui vire insensiblement à une religion conquérante appuyée sur un message apocalyptique et un clergé militant.
Le lobbying est une stratégie menée par une entreprise ou un groupe de pression (appelé lobby) cherchant à défendre ses propres intérêts auprès des décideurs, principalement politiques. Son action est souvent discrète et indirecte. Elle s’appuie sur une bonne connaissance des circuits décisionnels et sur la constitution de vastes réseaux. En exerçant une pression et en jouant de leur influence sur les décideurs, les lobbyistes visent ainsi à influencer la mise en place de nouvelles législations qui leur sont favorables.

UN LOBBY DE L’ÉCOLOGIE

Le lobbying est une activité encore peu courante en France, où elle est soumise depuis 2009 à des règles d’encadrement visant notamment à la publication des noms des clients de lobbyistes. En revanche, elle est très prisée aux États-Unis où les entreprises s’attachent de plus en plus souvent les services d’un lobbyiste professionnel. Elle est également fréquente à Bruxelles puisque plus de 15 000 lobbyistes sont présents auprès de la Commission européenne.
N’en déplaise à ses membres, qui considèrent et affirment à tout va qu’ils sont attaqués par tous les lobbys de la terre, le premier lobby de France est très probablement… celui des écologistes. Quel groupe de pression peut en effet se targuer d’avoir simultanément :
• Un ministère avec un ministre, figure de proue et spécialiste du groupe de pression écologique. Pour mémoire, l’Industrie, en France, n’a jamais vraiment réussi à avoir la même chose !
• Un parti politique, Europe Écologie Les Verts, certes malmené, mais existant et influent, en particulier par les voies – détournées – du lobbying car on ne peut pas dire en France qu’il s’est réellement imposé aux élections. (3,25% des voix et 4 élus sur 577 aux dernières législatives) ;
• La réalisation et le financement de deux grands-messes en moins de dix ans destinées à verdir en profondeur notre pays : le Grenelle de l’environnement en 2007 et la Conférence de Paris en 2015 (COP21, 20 000 délégués !). Cela recommence avec la COP23 en Allemagne ces jours-ci ;
• Un lobby mondial sur le réchauffement climatique d’origine humaine auprès de l’ONU : le GIEC. Il en existe au moins un autre qui prétend que ces désordres climatiques ont d’autres origines, en particulier l’activité solaire. Mais il est beaucoup moins efficace ! et peu connu.

UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE BANCALE

• Une loi de transition énergétique datant de 2015 engageant notre pays dans un virage à 180° de notre politique d’approvisionnement d’ici 2030 ou 2050. Elle implique au passage la passation par pertes et profits de la filière nucléaire, par sa mise à la casse industrielle anticipée, alors même que c’est la seule solution efficace constatée actuelle contre l’émission de CO2. Pour rappel, la filière nucléaire n’a quasiment provoqué aucune mort d’hommes en France quand le charbon en a causé des milliers ; l’Allemagne qui exerce une pression très forte sur la fermeture par la France de la centrale de Fessenheim nous expédie tous les jours les particules fines et le CO2 de ses centrales « d’appoint » fonctionnant au lignite ! C’est nous qui devrions exiger le remplacement des centrales à « charbon » allemandes ;
• Encore mieux : nous sommes inondés chaque jour de publicités mensongères expliquant que l’électricité est devenue la seule solution énergétique, universelle et même quasi gratuite ! Et pourtant, remplacer des voitures par des vélos électriques est tout sauf gratuit même en matière de consommation d’énergie ;
• Des volets budgétaires annuels consacrés spécialement au verdissement de notre pays, sans compter les charges masquées assumées par EDF et refacturées au consommateur, si l’on prend simplement la peine de lire le détail de sa facture ;
• Pour information comparative, le verdissement antinucléaire de l’énergie allemande, décidé en catastrophe, coûte plus de 25 milliards d’euros par an et fait de ce pays le premier émetteur de CO2 d’Europe.

DE L’ÉCOLOGIE UN PEU PARTOUT… ET BIEN SUBVENTIONNÉE

• Des manifestations à répétition remettant en cause le fonctionnement démocratique de notre pays et allant jusqu’à entraîner des morts, comme au Lac de Sivens ou à Notre-Dame des Landes. Il suffit d’écouter monsieur Mélenchon pour comprendre les conséquences de ce type d’exemple : 18% de personnes dans la rue (?) représentent désormais la majorité du pays !
• Les cantines, les produits et les magasins « bio » de toute sorte. Les voitures, les immeubles, les radiateurs, etc., … verts ;
• Des ONG à n’en plus finir : le WWF, Terre Solidaire, Amis de la Terre, France Nature Environnement, la SPA, Greenpeace, etc. ;
• Une masse absolument colossale de subventions diverses depuis la défiscalisation du simple don du citoyen jusqu’aux affectations de fonds par les communes, les régions, etc. Par comparaison, les moyens de Monsanto, certes significatifs, sont une goutte d’eau !
J’arrête la liste car on n’en finirait pas !
On note ainsi la création, ex nihilo, de ce qu’il faut bien appeler une nouvelle religion, si ce n’est une secte. Quand la foi supplante délibérément le jugement scientifique, on ne doit pas en être loin. Nous attendons avec émoi le moment où son conflit avec la laïcité éclatera au grand jour. Les conséquences pourraient être dévastatrices.