Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

10 mai, 2009

Pourquoi payez moins quand on peut payer plus!

Les Québécois s’indignent qu’une entreprise privée fasse 10 % de profit. Par contre, ils acceptent de bonne grâce qu’un monopole d’État inefficace coûte 25 % de plus qu’il ne devrait.

Tout ça parce qu’ils croient que les revenus d’un monopole d’État profitent à l’ensemble de la population. Pourtant, il n’y a rien de plus faux.

Les coûts élevés des services fournis par un monopole d’État servent surtout les groupes d’intérêts associés (politiciens et syndicats) et leurs fournisseurs. Au mieux, les contribuables et les consommateurs, paient les services qu’ils obtiennent trop chers. Au pire, ils obtiennent en prime des services médiocres.
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Rivière Romaine : gaspillage appréhendé de 3 à 4G$

Claude Garcia, Journal de Montréal, 6 avril 2009

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a donné le feu vert récemment à l’aménagement d’un complexe hydroélectrique d’envergure sur la rivière Romaine qui est située au nord de Havre Saint-Pierre.

Avec une puissance installée de 1 550 MW, ce complexe aurait une capacité annuelle de production de 8 milliards de kWh.

Hydro-Québec compte faire quatre aménagements hydroélectriques entre les kilomètres 53 et 192 de la rivière. Le promoteur souhaite commencer les travaux au milieu de 2009 pour échelonner la mise en service des centrales entre 2014 et 2020.

Il ne manque que le feu vert du gouvernement du Québec pour que les travaux d’aménagement puissent commencer.

Hydro-Québec évalue le coût de réalisation du projet à 6,5 milliards $. Ce montant n’inclut pas les coûts des lignes de transport, du suivi environnemental après la construction et des ententes avec le milieu.

Or, Hydro-Québec a la fâcheuse habitude de ne pas respecter les budgets initiaux de ses projets d’investissement.

Dans une étude que j’ai publiée récemment pour le compte de l’Institut économique de Montréal, j’ai démontré que les cinq dernières centrales construites par Hydro-Québec ont toutes, sans exception, coûté plus cher que prévu et que le dépassement moyen se situe à 26% du budget original.Si on ajoute 26% au budget annoncé de 6,5 milliards $, on parle plutôt d’un investissement total de 8,2 milliards $.

On est donc justifié d’estimer à 5,3 millions $ par MW le coût probable d’aménagement de la Romaine.

C’est plus de deux fois le coût de 2,4 millions $ par MW encouru par Brookfield pour l’aménagement en cours ou l’achat de petites centrales au fil de l’eau.

Hydro-Québec reconnaît elle-même la justesse des coûts encourus par Brookfield puisqu’elle a accepté de verser 3,1 millions $ par MW pour l’intérêt d’AbitibiBowater dans la centrale McCormick située sur la rivière Manicouagan.

Hydro-Québec avait raison de payer un peu plus par MW dans ce cas puisque cette centrale a un facteur d’utilisation plus élevé que la moyenne.

Il est certain que le type d’aménagement proposé par Hydro-Québec sur la Romaine a une plus grande valeur qu’une centrale au fil de l’eau puisque ce type d’aménagement permet un meilleur appariement entre la production d’électricité et la demande des consommateurs. Mais l’écart entre le coût probable d’aménagement de la Romaine et les coûts encourus par Brookfield est considérable et difficilement justifiable.

Je propose donc que le gouvernement fasse comme il l’a fait pour les éoliennes et qu’il demande des propositions à des entreprises du secteur privé pour l’aménagement de la Romaine. On peut envisager des économies qui pourraient atteindre 3 à 4 milliards $.

Faut-il se surprendre d’un tel écart entre les investissements requis par Hydro-Québec pour cet aménagement et le coût probable du même aménagement par une entreprise qui aura dû préparer sa proposition en concurrence avec d’autres.

Hydro-Québec a tendance à surinvestir. Par exemple, elle propose de relier le complexe hydroélectrique à la route 138 par un chemin d’accès permanent asphalté, long d’environ 150 kilomètres.

On peut conclure que ce chemin d’accès sera de meilleure qualité que plusieurs routes secondaires au Québec. Est-ce vraiment la mission d’Hydro-Québec?

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